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	<title>Archives des Témoignages - Collectif Famille.s</title>
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	<description>Parentalités LGBTQIA+</description>
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	<title>Archives des Témoignages - Collectif Famille.s</title>
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		<title>Témoignages &#8211; Donnons la parole aux grands-parents (3/3)</title>
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		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 26 May 2026 14:56:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis longtemps, le Collectif Famille.s avait envie de donner la parole aux grand-parents de nos enfants. Une manière de (re)connaitre leur vécu d’enfants qui grandissent dans des familles LGBTQIA+ avec des grand-parents présents et qui apportent beaucoup d’amour. Ce mois-ci, découvrez encore deux témoignages, ceux de la Nanou de Charlie et la Nana de Milo, [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-3-3/">Témoignages &#8211; Donnons la parole aux grands-parents (3/3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Depuis longtemps, le Collectif Famille.s avait envie de donner la parole aux grand-parents de nos enfants. Une manière de (re)connaitre leur vécu d’enfants qui grandissent dans des familles LGBTQIA+ avec des grand-parents présents et qui apportent beaucoup d’amour. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mois-ci, découvrez encore deux témoignages, ceux de la Nanou de Charlie et la Nana de Milo, des grand-mères qui disent les mots pour dire leur réalité et celle de leur petit-fils, que ça plaise ou non aux personnes à qui elles parlent. Parce qu’après-tout, c’est en laissant vivre son enfant qu’on découvre le bonheur d’avoir des petits-enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si vous les avez ratés, plongez-vous dans ceux de la <a href="http://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-1-2/" type="link" id="http://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-1-2/">Mamina et le Papi de cœur de Aube et de la Mamicha de trois petits loulous</a>, publiés en mars dernier et ceux de <a href="https://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-2-3/">Nathalie la Mamina d&rsquo;Aismée, Christian le Papi et Agnès la Mamiti de Nathan</a> le mois dernier.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#Marie-Ann" type="internal" id="#Nathalie">Marie-Ann</a> &#8211; <a href="#Danielle" type="internal" id="#Christian">Danielle</a></p>



<h2 id="Marie-Ann" class="wp-block-heading"><strong>Marie-Ann, la Nanou de Charlie, qui avec son Papou forment le duo “Napou”</strong> : “Je voudrais que ce ne soit plus un sujet. Que les festivals comme le Family Pride Festival soient la vraie vie !”</h2>



<p class="wp-block-paragraph">A l’annonce de l’arrivée de cet enfant dans la famille, très naturellement et pour faire différemment, on s’est dit qu’on voulait être nommés Papou et Nanou. Ma fille nous appelle aussi comme ça maintenant. Notre duo s’appelle Napou. Mapi sont les arrières grands-parents.</p>



<h3 class="wp-block-heading">Comment avez-vous appris que votre enfant allait fonder une famille en tant que personne LGBTQIA+ et quelles ont été vos premières pensées ou émotions à ce moment-là ?</h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avec ma fille, on se voyait très fréquemment, on dînait chaque semaine ensemble à Paris. J’ai appris qu’elle fréquentait une femme un soir par téléphone. C’était au moment des manifestations pour le mariage pour tous, c’était un monde inconnu pour moi qui avait grandi dans une éducation catholique et des œillères pour les choses différentes. C’était donc important pour moi qu’il n’y ait ni mensonge, ni tabou, ni jugement sur la manière d’être une famille dans notre famille, et comment elle souhaitait vivre sa vie. Je lui ai tout de suite répondu que je souhaitais la rencontrer. Elles ont tout de suite accepté. J’ai découvert qu’elle avait sa vie avec nous et sa vie de femme qu’elle n’avait pas osé partager. Je regrette ce manque d’ouverture que j’ai pu avoir, et surtout de ne pas avoir partagé plus tôt avec elle qu&rsquo;elle pouvait construire sa vie comme elle l’entendait, sans qu’il n’y ait de question.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a pris un café, elles m’ont raconté leur rencontre à la fac et qu’elles avaient déjà entamé des recherches pour trouver un appartement. Elles m’ont partagé que c’était difficile de vivre dans un monde qui ne leur convenait pas. Le projet de bébé n’était pas pour tout de suite. Je me posais la question de savoir si j&rsquo;allais être grand-mère ou pas, elles y ont répondu en disant que si c’était possible elles aimeraient avoir des enfants. Elles ont entamé une PMA en 2021.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un peu comme si j’avais deux filles désormais, donc pour moi, peu importe qui porterait l&rsquo;enfant, c&rsquo;était pareil. Dès le début, on leur a dit qu’on était là pour elles et qu’on sera là pour cet enfant à venir, dans cet ascenseur émotionnel. En plus, du gros sacrifice financier de faire ce parcours, les démarches, les voyages. Elles sont allées au Portugal, avec un accompagnement par une gynéco super. Ça n&rsquo;a pas marché du premier coup, mais on les a vu grandir en même temps qu’elles construisaient leur famille.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous eu besoin de temps ou de ressources pour comprendre ou accepter cette nouvelle configuration familiale ? Si oui, en avez-vous à conseiller à des futurs grands-parents ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense qu’il faut être ouvert à discuter et qu’il ne faut pas hésiter à poser les questions qu’on peut avoir à ses enfants, qui vivent pleinement cette situation. Sans entrer dans l&rsquo;intimité, je conseille de leur faire comprendre qu’on est présent : demander quelles sont les réactions au travail, celles de leurs amis, et aussi des questions sur le quotidien. Je sais qu’on ne vit pas dans un monde de bisounours. Et je leur répète souvent d’avancer ensemble, de faire leur vie et de se respecter l’une et l’autre. La famille doit être là, montrer de la bienveillance, du soutien et permettre des échanges sur leurs projets de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma difficulté a été de le faire accepter à mes parents. Et c’est à ce moment-là que mon père m’a parlé de ses deux amis qui se cachaient à l’époque pour vivre leur histoire. Il était donc content pour sa petite-fille qui pouvait la vivre au grand jour.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qui vous rend fier·e en tant que grand-parent dans cette histoire ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis très fière, même si ce n’est peut être pas le mot. Je n’aime pas trop ce mot fière. C’est plutôt que ça me donne un sens, de l’énergie et surtout beaucoup de bonheur. On sait pourquoi on fait les choses, on le fait pour elles et pour lui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ma belle-fille qui a porté Charlie et ma fille a souhaité s’arrêter presque un an pour la première année de cet enfant. Le mimétisme est quelque chose de puissant car il ressemble plus à ma fille qu’à ma belle-fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ses mamans ont déjà écrit un livre sur son histoire, pour lui raconter comment elles ont fait leur famille, leur choix. J’aime raconter avec mes mots son histoire, lui parler de ses mamans dont je suis fière. Quand je ne sais pas, je lis des articles, je vais sur le site du Collectif Famille.s !</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment vivez-vous votre rôle de grand-parent dans cette famille ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est un petit garçon qui a deux ans et demi. Depuis sa naissance, on fait partie de son quotidien. On est présent, on se voit toutes les semaines donc notre rôle est facilité. On a beaucoup de chance car elles habitent près de chez nous. On partage les vacances. C’est aussi que du bonheur d’avoir une belle-fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il n’y a pas de tabou parce que ce sont deux filles. Cela fait zéro différence pour moi. Par contre je ne suis pas dupe, on aura besoin de les aider, même si je trouve que leur couple est très cérébral et que tout est pensé. C’est le fruit de ce qu’elles souhaitent, tout est réfléchi. On ne fait pas un enfant “à la légère”. Elles sont dans un deuxième parcours PMA, avec un bébé à venir. Vu le temps du parcours, on est très protecteur. Pour le moment c’est trop tôt pour y penser, on ne veut pas de déception pour elles.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Y a-t-il un moment marquant ou une anecdote que vous aimeriez partager ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais partager deux anecdotes. Je suis plus attentive aux choses que je peux lire. Par exemple, quand elles sont allées chez le notaire, les documents déclarant Madame et Monsieur, je me dis que si moi ça me choque, alors elles, ça les blesse. Je fais donc beaucoup plus attention à comment exprimer les choses. Au travail notamment, dans la newsletter qu’on envoie, c’est important de dire deuxième parent et non un père/une mère. Le modèle tel qu’il existe n’est pas la réalité et ça doit être très usant.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus récemment, on a fêté les 30 ans de ma fille en voyage. Un des guides a demandé quelque chose à ma fille en pensant qu’elles étaient sœurs. Je pense que si ça nous interpelle nous, le couple est blessé. Cela m’amène à donner un conseil aux grands-parents de bien réfléchir avant de parler pour que ça devienne naturel ensuite.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment en parlez-vous autour de vous (amis, voisins, autres membres de la famille) ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre entourage, autant mon mari que moi, il n’y a pas eu de réflexion ni de mots de travers. Pour moi, c’est naturel et quand on est naturel, les gens ne posent pas de questions, c’est comme ça. Moi j’ai tout de suite dit, sans tabou, que ma fille construisait sa vie avec une autre femme. C’est ma façon de l&rsquo;accepter, de montrer que je suis contente. Au travail, je fais attention désormais à comment je nomme les gens, j’utilise un vocabulaire non genré, pour ne pas faire de mal. Nous avons eu également des conférences en interne auxquelles j’ai participé car je pense que tous les témoignages sont importants.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous déjà été confronté·e à des remarques maladroites ou discriminantes ? Si oui, comment avez-vous réagi ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai pas été confrontée verbalement, mais je suis attentive à ce qui se dit dans le regard des gens : le regard est pire que les paroles. Ce sont les seules choses que j’ai vécu en direct. Les filles sont sujettes à des paroles, mais m’en parlent de façon douce parce qu’elles savent que ça me fait mal. Ensuite, je me suis renseignée sur ce qu’elles peuvent ou ne pas faire : où partir en vacances et se tenir par la main, justement pour ne pas qu’elles soient confrontées à ces regards.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, mon petit-fils n’est pas encore confronté à cela car il est encore petit. A la crèche, il y a un autre couple de mamans. Et pour Charlie que ce soit Papou, Nanou, Maman Fio ou Maman Alex, c’est la même chose. Ce sont des personnes qui l’aiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je rêve d’un monde sans remarque et dans lequel on n’utilise pas ces familles pour faire croire qu’on est inclusif ou pour remplir des quotas. On prend ce qui vient, tout le monde devrait avoir sa place partout et dans un cadre qui est le même pour tout le monde.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que cette expérience a changé votre manière de percevoir les autres familles, ou votre propre rôle dans la société ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai remarqué que la répartition des rôles chez ma fille n’est pas figée comme dans un couple hétéro. Ce rôle a changé, elles sont beaucoup plus à l’écoute l’une de l’autre. Je schématise mais c’est beaucoup ça. Avec elles, on apprend en marchant et on sait les obstacles qu’elles ont dans leur vie. Elles ne sont pas seules, elles sont en famille. On est là aussi pour enlever ces obstacles perso et pro, pour aider à changer le regard.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Charlie joue à tout et a un équilibre avec des hommes et des femmes dans son entourage, de tout âge, car il connaît ses arrières grands-parents. Son papou va le chercher à la crèche, il représente l’homme certes, mais pas que pour le bricolage. Charlie voit bien qu’il y a quelque chose de différent : sa barbe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Plus globalement et indirectement, cette expérience a des conséquences sur mon rôle dans la société parce que je suis beaucoup plus attentive aux questionnements des autres. Je vais volontairement parler de la situation de ma fille pour faire comprendre qu’il n’y a pas qu’un seul mode de vie. Chacun est différent, fait sa vie, tant que son attitude ne me dérange pas, je n’ai pas de jugement à avoir. J’ai par nature, toujours été une personne tolérante et ouverte, mais j’ai aussi pris conscience que dans ma génération, l’éducation nous a mis des œillères. Et dans mon entourage proche également, ma tante a une fille qui vit aussi avec une femme, plus âgée. Avant ça on en parlait moins et aujourd’hui elle se sent épaulée et on en parle plus librement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un dernier mot ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ne changez rien, si vous aimez vos enfants, vous aimez vos enfants. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On est une famille, on est un équilibre, une terre, un monde. </p>



<p class="wp-block-paragraph">On a élevé nos enfants, on leur a donné la vie, on les aime et on les respecte. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Les grand-parents sont là, main dans la main, pas pour orienter mais pour respecter les choix et l’enfant à venir, ça ne change rien. Je voudrais ne plus avoir besoin d’en parler, que ce soit normal. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Que les festivals comme le Family Pride Festival soient la vraie vie !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 id="Danielle" class="wp-block-heading"><strong>Danielle, la Nana de Milo : “ Qu&rsquo;est ce que ça change que ce soit deux hommes ou deux femmes ? C’est l’amour qui en ressort qui est très important. Laissez-les vivre !”</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment vos petits-enfants vous appellent ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">On avait eu l’idée de faire un mélange de “Mamie” et “Nanou” pour faire Manou. Je n’avais pas envie de mamie, ce n’était pas approprié pour moi car cela sonne plus âgé. Finalement, Milo, qui va avoir 16 mois, va m’appeler autrement, ça sera Nana si ça lui plait. Et ça pourra changer.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous appris que votre enfant allait fonder une famille en tant que personne LGBTQIA+ et quelles ont été vos premières pensées ou émotions à ce moment-là ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai toujours su que Malvyna voulait des enfants, et cela même avant sa vie avec Claire. Puis, toutes les deux ont décidé de commencer le parcours PMA ensemble. On en a parlé tout de suite très librement, pour moi c’était un non-sujet. Mais je ne savais pas quand elles débuteraient, pour avoir la surprise. Le jour où j’ai appris que Malvyna était enceinte, ça a été des pleurs de joie et d’amour. Elles avaient prévu un petit cadeau pour moi, une petite boîte avec un dessin et un petit bracelet, je n’ai pas compris tout de suite et quand j’ai ouvert le dessin des deux petits pieds, j’ai compris. J’étais si contente pour elles et que ça ait fonctionné tout de suite. L’arrivée d’un enfant, c’est du pur bonheur.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous eu besoin de temps ou de ressources pour comprendre ou accepter cette nouvelle configuration familiale ? Si oui, en avez-vous à conseiller à des futurs grands-parents ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai pas eu besoin de temps car pour moi c’est un non-sujet de faire sa vie auprès d’une femme. J’ai toujours dit à mes filles qu’elles pouvaient aimer qui elles voulaient. Quand ça se réalise, pour moi ça ne change rien. C’est comme ça, c’est la vie qui arrive avec deux mamans, au lieu d’un papa et une maman. Et je ne suis pas sûre qu’il faille un père et une mère, quand on voit que la mère se retrouve seule. Le principal, c’est que l&rsquo;enfant soit épanoui et heureux. Je n’ai pas trop de conseils à donner car c’est propre aux ressentis de chacun. Pour moi, je vois ma fille heureuse, cet enfant aussi, et c’est que de l’amour.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment vivez-vous votre rôle de grand-parent dans cette famille ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un apprentissage heureux et merveilleux. C’est un rôle différent de celui de parent, il faut trouver sa place de grand-mère, qui ne s’implique en aucun cas dans l’éducation. Écouter et respecter pour garder ma place qui n’est que celle du bonheur. J’écoute et respecte leur éducation et moi je reproduis, je ne suis pas là pour casser. Je suis dans l’écoute et le partage tout en continuant de suivre ce que font les mamans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moi en tant que mère, quand je faisais des choses que je voulais, et que d’autres ne respectaient pas, c&rsquo;était compliqué pour moi. Quand j’avais une nourrice que je payais ça allait mieux. Donc je leur ai toujours dit que je ferais dans le respect de leur éducation, car je l’ai mal vécu de mon côté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas l’éducation que j’ai donné à mes filles et je l&rsquo;entends, ça ne me pose pas de problème. C’est une nouvelle génération. Je suis là pour les bonnes choses et pour profiter. En tout cas j’essaie. Et à l’inverse, les filles me disent, pour éviter les frustrations de leur côté, et je rectifie pour ne pas reproduire. C’est super, et il est super !</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment en parlez-vous autour de vous (amis, voisins, autres membres de la famille) ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">J’en parle car encore une fois, c’est un non-sujet. J’ai un petit-fils, ma fille est avec une femme et elles vivent ensemble. Je n’ai rien à cacher et il n’y a rien à dire. Je sais évidemment que la société n’est pas comme ça, mais je n’ai jamais rien reçu de négatif, ni sur le fait qu’elles aient un enfant. Si ça arrive, je ne me laisserais pas faire. Il n’y a pas matière à discuter et ça ne m’intéresse pas de relever.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que cette expérience a changé votre manière de percevoir les autres familles, ou votre propre rôle dans la société ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je crois que cette expérience a changé ma manière de montrer le bonheur de ma fille que je vis avec elle. Ce qui permet d’aller vers plus d’acceptation dans cette société, montrer que c’est ok. Tout le monde peut être heureux et ça n’enlève rien à personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une famille est une famille, qu’elle soit jaune, verte, bleue, composée d’un homme, d’une femme, deux femmes, deux hommes. Le principal c’est que les personnes soient heureuses. Je n’ai pas à percevoir bien ou mal. Chacun a sa famille, il n’y a pas à juger et il n’y pas de problème là-dessus.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un dernier mot ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je trouve qu’on passe à côté de quelque chose quand on est grand-parents et qu’on se prive de voir ses enfants heureux et ses petits-enfants grandir. J’ai un peu de mal avec le fait de ne pas accepter et je me demande au fond ce que ces personnes n&rsquo;acceptent pas. Pour moi, le bonheur de son enfant, ça n&rsquo;a pas de prix. Qu&rsquo;est ce que ça change que ce soit deux hommes ou deux femmes ? C’est l’amour qui en ressort qui est très important. Laissez-les vivre ! C’est leur vie, leur cœur, leur corps. Ça ne nous regarde pas, c’est leur amour. Il faut laisser son enfant s’épanouir et fonder une famille. On n’a pas à mal le prendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ma fille et sa compagne, je suis présente et je les soutiens. La vie est déjà bien assez courte et n’est parfois pas très gai. Et après tout, nous ne sommes que de passage sur cette terre. Alors profitons de ce bonheur, c’est tout bénéf !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-3-3/">Témoignages &#8211; Donnons la parole aux grands-parents (3/3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Témoignages &#8211; Donnons la parole aux grands-parents (2/3)</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-2-3/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Sat, 25 Apr 2026 19:07:46 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis longtemps, le Collectif Famille.s avait envie de donner la parole aux grand-parents de nos enfants. Une manière de (re)connaitre leur vécu d’enfants qui grandissent dans des familles LGBTQIA+ avec des grand-parents présents et qui apportent beaucoup d’amour. Ce mois-ci, vous pourrez lire les témoignages sincères et délicats de la Mamina d’Aismée et ceux du [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-2-3/">Témoignages &#8211; Donnons la parole aux grands-parents (2/3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
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<p class="wp-block-paragraph">Depuis longtemps, le Collectif Famille.s avait envie de donner la parole aux grand-parents de nos enfants. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une manière de (re)connaitre leur vécu d’enfants qui grandissent dans des familles LGBTQIA+ avec des grand-parents présents et qui apportent beaucoup d’amour. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mois-ci, vous pourrez lire les témoignages sincères et délicats de la <strong>Mamina d’Aismée</strong> et ceux du <strong>Papi de Nathan et également les mots de sa Mamiti</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si vous les avez ratés, plongez-vous dans ceux de la <a href="http://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-1-2/" type="link" id="http://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-1-2/">Mamina et le Papi de cœur de Aube et de la Mamicha de trois petits loulous</a>, publiés le mois dernier</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#Nathalie" type="internal" id="#Nathalie">Nathalie</a> &#8211; <a href="#Christian" type="internal" id="#Christian">Christian</a> &amp; <a href="#Agnès">Agnès</a></p>



<h2 id="Nathalie" class="wp-block-heading"><strong>Nathalie, Mamina d’Aismée : ”Une famille se construit non pas par les liens de sang, mais par l’amour”</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’appelle Nathalie et je suis la mère de Margaux, bénévole au Collectif Famille.s. Aismée, 18 mois, est ma première petite-fille. Margaux et Marine m&rsquo;offrent le cadeau d’être grand-mère. J’ai l’habitude de côtoyer des enfants et des familles multiples, parce que je suis enseignante en maternelle dans un village et que, depuis quelques années, il y a des familles avec deux mamans. J’ai donc vécu ça avant de le vivre moi-même.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment en parlez-vous autour de vous (amis, voisins, autres membres de la famille) ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cela n&rsquo;a jamais posé de problème. A 13 ans, ma fille Margaux m’a demandé si je l’aimerai même si elle était amoureuse d’une fille. Je lui ai répondu qu’à partir du moment où elle était heureuse c’était le principal pour moi. Elle a donc su rapidement que j’étais open et elle a pu s’assumer très rapidement. Pour moi, ça a toujours été ma fille et sa copine, et maintenant ma fille et sa femme. Au sein de ma petite école familiale, j’en parle très naturellement. On échange énormément avec les parents d’élèves, avec la mairie : tout le monde sait que j’ai une fille qui est mariée avec une femme et avec une petite-fille désormais. Je n’ai pas eu de rejet ni de la part de l’école ni de mes amis. Même l’inspectrice est au courant car je l’avais invitée à leur mariage.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous déjà été confronté·e à des remarques maladroites ou discriminantes ? Si oui, comment avez-vous réagi ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a parfois des maladresses par rapport aux terminologies. Je ne suis moi-même pas du tout au fait du vocabulaire de toutes les orientations sexuelles qui existent. Ma fille c’est ma fille, ma belle-fille c’est ma belle-fille. Marine en parle avec moi pour m’aider.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et quand j’ai dit autour de moi que j’allais être mamie, la question qui revenait était de savoir qui porterait. Dès le départ, on a su que c’est Marine qui porterait. J’avais dit à Margaux que j’aurais envie qu’elle porte elle aussi un bébé, non pas que je le considérais moins comme mon petit-enfant, mais pour qu’elle connaisse ce que c’est de porter un enfant dans son ventre et de vivre une grossesse. Pour moi, aimer un enfant c’est pas une question de gêne, ni d’ADN, c’est une question d&rsquo;amour et de relationnel.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que cette expérience a changé votre manière de percevoir les autres familles, ou votre propre rôle dans la société ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Comme à l’école, j’avais eu des couples de femmes qui ont eu des enfants également, cela m’avait permis de poser des questions avant que ma fille et sa compagne aient ce projet. C’est une famille à part entière pour moi et non pas un substitut de famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le rôle, c&rsquo;est la première fois que je suis mamie et qu’on me donne un rôle de mamie. J’ai été mamie de cœur par le biais de mon ancien compagnon, mais je n’avais jamais eu ce vrai rôle de mamie. Les filles m’ont octroyé le droit de me faire appeler comme je voulais et ont adopté le surnom Mamina. Ça a été important aussi. Je remercie ma belle-fille de m’avoir donné la même place que sa propre maman. On voit autant Aismée que la famille de Marine. Je ne suis pas intrusive, mais Marine a fait plein de choses qui m&rsquo;ont beaucoup touchée. Je me sens une mamie à part entière et je la remercie.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que cela vous a donné envie de militer, de défendre publiquement cette cause, ou d’en parler davantage ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Les filles sont allées l’année dernière à Montpellier pour le Family Pride festival. A leur retour, on a beaucoup échangé et comme elles ont vu que je m’intéressais, elles m’ont proposé de venir avec elles cette année à <a href="https://www.familypridefestival.com/">Paris</a>. Je suis toute contente qu’elles m&rsquo;aient proposé, ça sera la première fois pour moi que je participe à un événement sur cette thématique. J&rsquo;ai été une fois avec elles à la mise à l’honneur de Marine au sein du Refuge à Lille. Et je pense m’investir l’année prochaine, quand je serai en retraite, au sein du Collectif, là où il y a des besoins.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Quel message aimeriez-vous transmettre à d&rsquo;autres grands-parents dans la même situation — ou qui le seront demain ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je leur dirais de ne pas trop réfléchir et de laisser parler leur cœur. Le fait d’avoir des a priori ou de ne pas réussir à prendre sa place est une question de personnalité.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sincèrement, quand les filles nous ont annoncé la grossesse, je ne me suis pas posée de question. C’était une annonce géniale et je suis très émue en y repensant. L&rsquo;attitude et les attentions de Marine ont été très importantes. Elle nous a naturellement impliqués pour qu’on ne se sente pas à l’écart. Je ne me sens pas moins grand-mère d’Aismée, tout de suite légitime.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je peux imaginer que certains grand-parents peuvent vivre cette situation avec plus de difficultés et se sentir moins légitimes car pas reliés génétiquement. Mais moi je sais qu’une famille se construit non pas par les liens de sang, mais par l’amour. Je le vis tellement bien, c’est un amour désintéressé qui grandit au fur et à mesure. Plus on voit Aismée, plus il se développe et c’est magique.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 id="Christian" class="wp-block-heading"><strong>Christian, Papi de Nathan : ”C’est beau de voir la relation que mon fils et mon gendre ont noué avec la mère porteuse”</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’appelle Christian, j&rsquo;ai trois fils et deux petits-enfants. Nathan m’appelle Papi ou Papi Christian, car il a deux autres papis.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous appris que votre enfant allait fonder une famille en tant que personne LGBTQIA+ et quelles ont été vos premières pensées ou émotions à ce moment-là ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était un grand effet de surprise car lorsqu’il m&rsquo;a annoncé son homosexualité, j&rsquo;ai pensé tout de suite que je n&rsquo;aurais pas de petit-enfants de mon aîné. Donc ça m&rsquo;a rempli de joie. Et après, très naturellement, il m&rsquo;a expliqué la GPA (gestation pour autrui) et qui était la femme porteuse. Ils avaient déjà fait pas mal de démarches. En plus, c&rsquo;était mon premier petit-fils. C&rsquo;était au Canada, pendant le Covid et nous avons pu vivre la grossesse de Carrie aussi, en famille, c’était beau. La première question que j&rsquo;ai eu c&rsquo;est qui sera le donneur : il m&rsquo;avait dit qu&rsquo;ils en auraient un chacun, et éventuellement de préférence avec la même femme porteuse et la même donneuse etc. pour qu&rsquo;il y ait un lien de fratrie.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous déjà été confronté·e à des remarques maladroites ou discriminantes ? Si oui, comment avez-vous réagi ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Non pas trop, je ne sais pas si cela vient de ma personnalité, mais je ne me laisse pas trop marcher sur les pieds. J’en parle très librement sans aucune gêne. Très vite, je parle de Nathan et de ses papas, et que tout va bien. C&rsquo;est un enfant qui est adorable, avec son mauvais caractère, avec ses caprices et avec des choix d&rsquo;éducation qui ne sont pas forcément les miens mais que je respecte. Ses papas sont patients et surtout plein d&rsquo;amour qu&rsquo;ils lui transmettent chaque jour.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que si j&rsquo;avais reçu une remarque particulière, j&rsquo;aurais été assez virulent. Je peux être souple et conciliant, mais j&rsquo;aurais mal accepté des remarques sur eux. Par contre, j’ai été confronté à des parents qui ont rejeté leurs enfants pour homosexualité alors je n&rsquo;imagine même pas s&rsquo;il y avait eu un parcours de GPA. Je sais combien ça peut être délicat pour certaines personnes et une vraie souffrance.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Y a-t-il un moment marquant ou une anecdote que vous aimeriez partager ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Le moment où on s’est retrouvé en visio pour pour savoir si c’était un petit garçon ou une petite fille. C&rsquo;était donc la période du Covid, nous étions réunis chez moi dans la salle à manger d&rsquo;un côté, et la famille de Carrie s’était réunie au Canada de l’autre. Ils avaient fait un gâteau qui serait à l&rsquo;intérieur bleu ou rose. C’est la première fois qu’on rencontrait Carrie et sa famille avec ses enfants. Ça a été la première émotion. Comme on peut voir le ventre de sa belle-fille s’arrondir, là on le vivait grâce à ce gâteau. Et cette symbolique m’a marquée, elle était belle aussi. Voir Carrie qui était porteuse et cette relation que mon fils et mon gendre avaient noué avec elle, qui était une vraie amitié, et même un vrai fil conducteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a eu aussi plein d’anecdotes quand nous sommes allés au Canada, notamment des crises de fou rire quand les deux frères de Guillaume ont changé le petit et ça a pris 15 minutes, c’était drôle. Il y avait une vraie cohésion malgré l’inquiétude du retour avec l’administratif et s’assurer qu&rsquo;ils reviennent tous les 3 du Canada. Nous avons été là pour eux, ce sont des moments qu’on n’oublie pas. La naissance de Nathan a été et reste un grand moment de bonheur, ce petit bonhomme est drôle, curieux et si attachant. J’ai eu une petite-fille il y a un an, c’était merveilleux aussi.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qui vous rend fier·e en tant que grand-parent dans cette histoire ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis fière d’avoir un petit-fils, de voir tout l’amour que portent Guillaume et Julien à leur fils. C’est toujours très amusant de voir les éducations un petit peu opposées de temps en temps. C’est un vrai bonheur de l’avoir, c’est ce que j’ai connu avec mes enfants, c’est toujours les meilleurs du monde avec ce manque d’objectivité qu’on connait bien !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand je commençais à être à la retraite et jusqu’à ces trois ans, un mercredi sur deux, je le gardais à la maison, donc de vrais moments de partage. Maintenant, je le garde quelques jours à chaque vacances : on partage le temps avec les beaux-parents de Guillaume (les autres grand-parents), avec qui tout se passe bien aussi. Ils ont une acceptation complète de l’homosexualité et de la GPA aussi. Ils ont une petite-fille qui a trois mois de plus que Nathan, c’est très fluide. On n’est pas du tout confronté à des problèmes de rejet, de doute ou de particularité. Pour nous, on est dans une vie sans aucune arrière pensée.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que cette expérience a changé votre manière de percevoir les autres familles, ou votre propre rôle dans la société ? Avez-vous eu des conversations avec vos petits-enfants sur la diversité des modèles familiaux ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">C’est vrai qu’il faut encore se battre avec cette acceptation de l’homosexualité qui peut parfois être difficile pour certaines personnes. J’aime rappeler que l’homosexualité n’est pas un choix, il y a un travail à faire avec soi-même si ce n’est pas naturel. Avec la naissance de Nathan et mon implication, ça a changé des choses pour moi et je me pose la question de m’engager un peu plus, d&rsquo;élever une voix un peu plus, pour que chaque personne soit respectée tout simplement. Il n’y a pas de droits particuliers à revendiquer à part celui de pouvoir vivre tranquillement dans une société où on a un minimum de tolérance.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mon implication auprès de mon petit-fils m’a fait changer vis-à-vis de ça, parce que lui aussi va être confronté à ces difficultés. Oui, il n’a pas de maman, il a deux papas, mais je le trouve plutôt bien armé, il a du caractère et tant mieux. Ses papas s’en chargent parfaitement.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un dernier mot pour des grand-parents dans la même situation ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais dire que s’ils aiment leur fils ou leur fille, le fait d’avoir envie d’être parent, ou non, c’est quelque chose de très fort. Et en aucun cas, on doit venir entacher ça. C’est tellement beau, si on aime ses enfants, on se doit de le partager, si on ne le partage pas complètement, par l’éducation ou avec des idées qui vont à l’encontre, il faut s’abstenir pour ne pas faire de mal à ses enfants. Derrière il y a un petit-fils ou une petite-fille qui va venir, ça ne doit être que du bonheur et ne doit pas être entaché par des pensées négatives, sinon ce sera des regrets et il sera trop tard. Un petit-fils ou une petite-fille c’est que du bonheur, parce qu’on n’a pas l’éducation à faire, on a que le plaisir à prendre ! C’est à vivre et il faut se régaler.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 id="Agnès" class="wp-block-heading"><strong>Agnès, Mamiti de Nathan : ”Notre rôle de grand-parent est le même, on n&rsquo;est pas du tout à se dire que c’est une famille différente”</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m&rsquo;appelle Agnès, je suis la mère de Guillaume, qui est bénévole au sein du Collectif Famille.s. Nathan est mon premier petit-enfant et le seul pour le moment. Il nous appelle Mamiti et Papé.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous appris que votre enfant allait fonder une famille en tant que personne LGBTQIA+ et quelles ont été vos premières pensées ou émotions à ce moment-là ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord c’était le choc, quand on est mère, celui d’apprendre que je vais être grand-mère, sans aucun rapport avec le fait que ce soit une famille LGBT. C’était un signe de plus que le temps passe. Quand ton propre enfant a un désir d’enfant, c’est que tout va bien dans sa vie et dans son couple. C’est une chose très positive.</p>



<p class="wp-block-paragraph">À cette époque-là, je l’ai appris à distance, par téléphone. Et au fur et à mesure, nous avons eu des précisions sur l’évolution de la grossesse. J’étais très contente et en soutien de Guillaume pendant tout le processus.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous eu besoin de temps ou de ressources pour comprendre ou accepter cette nouvelle configuration familiale ? Si oui, en avez-vous à conseiller à des futurs grands-parents ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">A cette époque-là, je n’étais pas bien renseignée sur la GPA. Au début, comme beaucoup de gens, le frein c’est l’idée qu’on peut s’en faire quand on n&rsquo;est pas au courant, avec le sujet de marchandisation du corps des femmes qu’on voit dans les médias. Puis, j’ai appris que c’était au Canada, là où la procédure est la plus éthique, la plus libre et la plus encadrée, que ce soit pour les donneuses d’ovocytes ou les femmes porteuses, “surrogates” comme on dit là-bas. Une fois les explications faites, je n’avais plus aucun problème. C’était une grande aventure qui commençait.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qui vous rend fier·e en tant que grand-parent dans cette histoire ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai vraiment bien aimé la “baby shower” en visio, c’est le moment où on a découvert Carrie et sa famille. Nous étions impliqués dans cette grande aventure, malgré le Covid qui a compliqué les choses, mais les papas étaient vraiment très motivés et ont quand même réussi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Une semaine avant le moment présumé de la naissance, nous nous sommes retrouvés les uns après les autres au Canada. Ils avaient loué une grande maison. Nous avons rencontré Carrie, ses enfants, son compagnon. Il y avait plein d’échanges. Même les gens de la rue où on était logé connaissaient déjà le prénom de l’enfant, alors que nous on ne le savait pas. Ils nous ont fait un petit jeu pour le deviner. C’était une bonne ambiance ! Quand on pense à ce qui peut se passer en France, avec les extrêmes et les homophobes et tout ça…</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ça a permis aussi que la famille s’élargisse. Carrie est une personne très sympathique, avenante et vraiment très ouverte. Nous l’avons vue en France et on va la revoir cet été. Une aventure extraordinaire !</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment vivez-vous votre rôle de grand-parent dans cette famille ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Lors des premières années de Nathan, ils vivaient en région parisienne, on se voyait une fois par mois seulement et nous faisions du babysitting certains week-end. Aujourd’hui, nous habitons dans la même région de Bordeaux, donc on est les baby-sitters attitrés. Ça dépend des besoins des papas. Pour moi, il n’y a pas de famille homoparentale qui tienne, c’est le même rôle.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous eu des conversations avec vos petits-enfants sur la diversité des modèles familiaux ? Qu’est-ce que cela change (ou pas) dans votre relation avec eux ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que je ne suis pas bien outillée pour aborder tous ces problèmes-là. C&rsquo;est aussi de ma faute, je pourrai me documenter. Je sais que les papas font ça très bien et expliquent tout. Nathan a 4 ans et il nous a dit récemment que quand il sera grand, il se mariera avec une fille. On lui a répondu qu’il verra quand il sera grand, ce qu’il ressentira et il n’y aura pas de problème il fera ce qu’il sentira. Déjà en tant que grand-parents du XXe siècle, on s’habitue à l’éducation positive c’est déjà quelque chose ! Notre rôle de grand-parent est le même, on n&rsquo;est pas du tout à se dire que c’est une famille différente.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment en parlez-vous autour de vous (amis, voisins, autres membres de la famille) ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai parlé à la famille, mes oncles et tantes ont été informés et il n’y pas eu de réaction ou autre. A l’époque à mon travail, je ne lançais pas de conversations sur le sujet, mais j’avais dit que j’avais un fils homosexuel. Tout le monde a bien accepté, on était trois ou quatre au bureau à être à fond, invités au mariage, et ensuite à fond pour avoir des nouvelles Nathan. Le problème dans la société dans laquelle on vit, c’est qu’on n’est pas confiant on sait jamais sur qui on peut tomber.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un dernier mot ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne milite pas, mais je suis en soutien de Guillaume et de Julien. On participe en faisant du babysitting lors des événements, la “Journée en famille” à Bordeaux et deux fois à Paris pour le Family Pride festival. Je fais un don aussi au Collectif. Je trouve ça super, l’ambiance est très sympa. Les familles doivent être soulagées de se retrouver dans une ambiance comme celle-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-2-3/">Témoignages &#8211; Donnons la parole aux grands-parents (2/3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
]]></content:encoded>
					
		
		
			</item>
		<item>
		<title>Témoignages &#8211; Donnons la parole aux grands-parents (1/3)</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-1-2/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 22 Mar 2026 20:28:18 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Depuis longtemps, le Collectif Famille.s avait envie de donner la parole aux grand-parents de nos enfants. Une manière de (re)connaitre leur vécu d’enfants qui grandissent dans des familles LGBTQIA+ avec des grand-parents présents et qui apportent beaucoup d’amour. Ce mois-ci, vous pourrez lire les témoignages émouvants de la Mamina et le Papi de cœur de [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-1-2/">Témoignages &#8211; Donnons la parole aux grands-parents (1/3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">Depuis longtemps, le Collectif Famille.s avait envie de donner la parole aux grand-parents de nos enfants. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Une manière de (re)connaitre leur vécu d’enfants qui grandissent dans des familles LGBTQIA+ avec des grand-parents présents et qui apportent beaucoup d’amour. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mois-ci, vous pourrez lire les témoignages émouvants de<strong> la Mamina et le Papi de cœur de Aube</strong> et de<strong> la Mamicha de trois petits loulous</strong>. <br>Le mois prochain, ce seront ceux de la <strong>Mamina d’Aismée</strong> et ceux du <strong>Papi de Nathan </strong>et également les mots de sa <strong>Mamiti</strong>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><a href="#Chantal-et-Patrick">Chantal &amp; Patrick</a> &#8211; <a href="#Charline">Charline</a></p>



<h2 id="Chantal-et-Patrick" class="wp-block-heading"><strong>Chantal et Patrick, Mamina et Papi de cœur de Aube : “Moi qui ai eu des parents divorcés et un père jamais présent, j’aurais bien aimé avoir deux papas comme ça.”</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Chantal</em> : Je suis Chantal, la maman de Nathan, qui est un des papas de Aube qui a 2 ans et deux mois. Elle m’appelle Mamillon, mais pour qu’elle différencie entre les deux mamies, je lui ai proposé Mamina.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Patrick</em> : Je suis Patrick et je suis le Papi de cœur de Aube, parce que je suis une pièce rapportée. Nous sommes ensemble depuis 6 ans et que ses deux papis sont décédés.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous appris que votre enfant allait fonder une famille en tant que personne LGBTQIA+ ? Quelles ont été vos premières pensées ou émotions à ce moment-là ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Chantal</em> : Déjà, je savais que ça faisait un moment que mon fils fréquentait des garçons. Il m’a présenté Axel, et m’a dit que c’était l’homme de sa vie et qu’ils allaient se marier. J’étais heureuse. Ensuite, ils nous ont parlé de leur volonté, non pas d’adopter, mais de faire une demande de GPA aux États-Unis. En France, c’est interdit, en Espagne aussi. C’est la première fois qu’on me parlait de ça, je n’y comprenais rien. Ça ne m’a pas posé de problème sur le fond car j’estime que ce sont deux garçons responsables. Ils étaient heureux de cette démarche qui n’était pas si facile que ça. Nous avons été préparés à tout cela car ils nous informaient assez régulièrement, notamment via des visios quand ils étaient aux États-Unis. Quand ils nous ont révélé qu’après plusieurs tentatives, cela avait marché, j’ai pleuré. J’étais heureuse pour eux, j’étais émue parce qu’en plus c&rsquo;est ma première petite fille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J&rsquo;avais peur des démarches administratives aux États-Unis et du retour en France. Finalement, tout s’est bien déroulé, notamment les papiers. Pour le retour avec la petite, nous les attendions à l’aéroport : il y avait l’autre mamie, un frère d’Axel, tous avec les larmes aux yeux de la voir pour de vrai et l’amour qu’ils ont pour leur fille. Autour de nous, les gens se demandaient ce qu’il se passait !</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous eu besoin de temps ou de ressources pour comprendre ou accepter cette nouvelle configuration familiale ? Si oui, avez-vous des conseils à de futurs grands-parents ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Chantal</em> : Je n’ai pas eu de questions à part la GPA que je ne connaissais pas, même si j’avais entendu parler du don de gamètes. Mais en tant que femme et en tant que mère, j’avais du mal à m’imaginer comment une femme qui porte un bébé pour d’autres personnes fait pour ne pas rentrer en affection. Quand on est enceinte, on crée des liens avec cet enfant, donc j’avais peur du moment où elle allait devoir laisser la petite aux papas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La GPA ou bien l’adoption ne me posent pas de problème. Mais en tant que femme, je peux me poser des questions par rapport aux femmes qui font cette démarche. Le fait que celle-ci se monnaye, l’argent qui est en jeu me dérange un peu plus.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Patrick</em> : À partir du moment où les gens sont heureux, pour moi c’est le principal. La seule question qui peut me venir à l’esprit, c’est la question de la petite plus tard. On sait que les enfants cherchent toujours leurs origines. L’avenir nous dira si ça posera un problème et ce dont elle a besoin. Mais son papa Axel a créé des podcasts pour lui expliquer toute son histoire.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qui vous rend fier·e en tant que grand-parent dans cette histoire ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Chantal</em> : Je suis fière de leur démarche, qui n’est pas évidente à faire, et fière d’avoir cette petite puce. On ne la voit pas souvent, mais il est évident qu’elle est vraiment bien dans sa peau, heureuse avec ses deux papas. Moi personnellement qui ai eu des parents divorcés et un père jamais présent, j’aurais bien aimé avoir deux papas comme ça.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Patrick</em> : Comme je le disais, le principal c’est que les gens soient heureux. A l’heure d’aujourd’hui, c’est le plus important.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous déjà été confronté·e à des remarques maladroites ou discriminantes ? Si oui, comment avez-vous réagi ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Chantal</em> : Ce qui est terrible, c’est le regard des autres sur les façons de vivre. On a le droit de vivre et de vivre comme on veut. J’évite ce genre de discussion parce que je monte facilement aux créneaux face aux discours racistes et homophobes.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment vivez-vous votre rôle de grand-parent dans cette famille ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Chantal</em> : On ne vit pas vraiment notre rôle au jour le jour parce qu’on est très loin d’elle. Récemment, nous sommes restés chez eux presque 3 semaines. Nous avons ainsi pu être avec elle dans sa vie de tous les jours, nous allions la chercher à la crèche et nous nous occupions du coucher. Elle se sent en sécurité avec nous.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous eu des conversations avec vos petits-enfants sur la diversité des modèles familiaux ? Qu’est-ce que cela change (ou pas) dans votre relation avec eux ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Chantal</em> : Nous n’avons pas de conversation vu son âge, mais je lui ai lu des choses sous forme d’histoires. Et elle a beaucoup de livres qui peuvent expliquer ça aussi, sur les différents types de familles.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment en parlez-vous autour de vous (amis, voisins, autres membres de la famille) ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Chantal</em> : J’en parle très librement. J’aborde souvent le sujet en disant “mon fils et son mari”. Je parle de ma petite-fille sans cacher les choses. Quand on me dit “et la maman?”, je dis qu’il y en n’a pas. Il y a une femme qui a porté et avec qui ils ont gardé un lien. Elle-même a répertorié dans un livre les étapes qu’elle a vécues, du début de la grossesse jusqu’à l’accouchement, qu’elle a donné aux papas. Ils communiquent ensemble aujourd&rsquo;hui. Nous avons du mal avec l’anglais, mais pour les deux ans de Aube, nous l’avons appelée. Le lien est important et je trouve cela formidable. Par ailleurs, Aube a deux tatas, elle a des femmes dans sa famille, elle a une marraine qui est très proche aussi. C’est une petite fille équilibrée, qui sait bien ce qu&rsquo;elle veut déjà, elle a son caractère.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que cette expérience a changé votre manière de percevoir les autres familles, ou votre propre rôle dans la société ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Patrick</em> : Ce qui me dérange le plus, c’est la méchanceté des gens sur les choix de vie de chacun et chacune.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Chantal :</em> Je suis pour le bonheur des enfants et la joie dans la famille. Personnellement, je n’ai pas connu ce bonheur avec ma propre famille. Je vois qu’elle est heureuse, qu’ils sont heureux, qu’elle va bien et qu’ils sont beaucoup entourés de leurs amis. C’est un super exemple.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 id="Charline" class="wp-block-heading"><strong>Charline, Mamicha de 3 petits loulous : ”Il faut véhiculer cette famille au sens élargi pour tous les jeunes qui sont perdus et qui se cherchent”</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis Charline, je suis maman de quatre enfants et Mamicha de trois petits-enfants. Je suis la mère de Florian, bénévole au Collectif Famille.s.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous appris que votre enfant allait fonder une famille en tant que personne LGBTQIA+ et quelles ont été vos premières pensées ou émotions à ce moment-là ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Cela fait longtemps que Florian et Mathieu sont ensemble et qu’on les voit évoluer et vouloir fonder leur famille. Il y a eu d&rsquo;abord leur mariage et puis on a suivi tout leur parcours d’adoption. L’arrivée des trois loulous, c’était un cadeau de noël, car c’est à cette période-là que nous avons appris que c’était une adoption d’une fratrie de trois enfants !</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous eu besoin de temps ou de ressources pour comprendre ou accepter cette nouvelle configuration familiale ? Si oui, avez-vous des conseils pour de futurs grands-parents ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Flo et Mathieu nous ont très bien guidés et accompagnés sur ce sujet. Ils avaient une réponse à chaque question qu’on pouvait leur poser. Nous n’étions pas du tout grand-parents, donc c’était une découverte. Nous n’avions pas de normalité ou de guide, nous savions juste ce que nous n’avions pas envie d’être. Pour moi, la famille ce n’est pas être critique et juge, c’est accompagner, donc c’était d’abord être à l’écoute de ces enfants et comprendre leurs besoins. Ce qui était important, c’était leur bulle et comment ils souhaitaient former leur famille.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais dire à ces futurs grand-parents de profiter de ce statut de grand-parents ! C’est pas parce que nous on a pris une direction pour construire une famille que nos enfants vont prendre la même direction.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce qui vous rend fier·e en tant que grand-parent dans cette histoire ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Avant de me rendre fière, ça me rend heureuse. Ce sont des petits rayons de soleil. Quand on devient maman ou papa, on se rend compte que beaucoup de choses changent, et que tout notre univers égocentré se tourne vers quelque chose de plus important que nous. Et nous avons la même chose avec les petits-enfants, c’est précieux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En plus avec l’adoption, nous avons besoin de créer un lien, car il n’est pas naturel. Nous avons peut-être envie de “rattraper un peu le temps”. En tout cas, ce sont des enfants qui ont des besoins, auxquels il faut vraiment faire en sorte d’apporter des réponses. Ce sont même parfois des besoins auxquels ils ne pensent pas, comme simplement donner et recevoir de l’amour et du respect, et se mettre en sécurité. Selon moi, c’est beaucoup plus léger d’être grand-parent que d’être parent. Ce n’est pas nous qui mettons les règles du jeu.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous déjà été confronté·e à des remarques maladroites ou discriminantes ? Si oui, comment avez-vous réagi ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne laisse pas la place à ces discours-là, parce que je suis fière et heureuse de ça. Ma normalité à moi c’est ça, et c’est tout, je n’écoute pas. C’est important de pouvoir le dire. Je reste persuadée qu’on a toujours peur de ce qu’on ne connaît pas, sauf que si on n’en parle pas et qu’on ne le regarde pas on ne peut pas savoir. Je trouve que Flo et Mathieu étaient faits pour se rencontrer et pour rencontrer ces enfants-là. C’est une rencontre magique et tous ceux qui le voient ou m’entourent le savent. Mon patron m’a donné mes mercredis pour que je m’occupe des enfants quand ils ont besoin.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que cette expérience a changé votre manière de percevoir les autres familles, ou votre propre rôle dans la société ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, sans doute, peut-être, mais juste sur un point de détail. Avant, nous n’étions jamais allés à la Pride, car on avait l’impression qu’on n’avait pas notre place là-bas. Et on s’est rendu compte, en tant que grand-parents, que si nos petits-enfants y allaient, alors on avait le droit d’y aller aussi. Le fait de le faire en famille, c’était important. C’était fort de défiler avec les loulous !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me suis rendue compte qu’il fallait véhiculer cette famille au sens élargi pour tous les jeunes qui sont perdus et qui se cherchent. Leur montrer qu’on est très heureux et épanoui et que nos fêtes de Noël sont dingues.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Avez-vous eu des conversations avec vos petits-enfants sur la diversité des modèles familiaux ? Qu’est-ce que cela change (ou pas) dans votre relation avec eux ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Ces discussions sont la base de notre famille. Il faut savoir qu’on a quatre enfants, dont trois garçons et une fille, et il y a deux couples homo et deux couples hétéro. On a le droit d’aimer qui on veut à partir du moment où c’est dans le respect et l’amour est réciproque.</p>



<h3 class="wp-block-heading"><strong>Un dernier mot ?</strong></h3>



<p class="wp-block-paragraph">Je sais que beaucoup de grands-parents ne sont pas présents, parce qu’il y a un déni ou qu’ils sont dans un refus. Je trouve ça triste et cela me peine. Ça me touche beaucoup parce que je me dis que tout le monde est perdant, à cause de valeurs débiles, et surtout à cause de la peur du regard de l’autre. Donc c’est pour ça que j’ai besoin de le dire et que je dis souvent que je suis grand-mère de trois petits loulous qui sont arrivés d’un coup dans notre vie. Et qu’ils ont deux papas qui sont deux super-héros, c’est comme ça que les enfants les appellent parfois, et que c’est super chouette. Les regards que je reçois sont bienveillants, et si c’est pas le cas ou s’il y a rien, au moins c’est entendu. C’est tellement dommage de se priver de ce bonheur là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/temoignages-donnons-la-parole-aux-grands-parents-1-2/">Témoignages &#8211; Donnons la parole aux grands-parents (1/3)</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
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		<title>Cléo : “Montrer dans les écoles et dès le plus jeune âge qu’il n’y a pas de normes en matière de famille.s”</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/temoignage-cleo-sensibilisation-ecole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 21:30:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Famille avec deux mamans]]></category>
		<category><![CDATA[Lesbianisme]]></category>
		<category><![CDATA[PMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peux-tu te présenter ? Je m&#8217;appelle Cléo et je suis adhérente au Collectif Famille.s depuis 2020 et bénévole depuis 2023. Je suis en couple avec Clémentine et nous avons un petit garçon de cinq ans. Mon métier est enseignante en sciences médico-sociales depuis dix ans dans un lycée de Lyon en filières technologiques (ST2S). Qu&#8217;est [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Peux-tu te présenter ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m&rsquo;appelle Cléo et je suis adhérente au Collectif Famille.s depuis 2020 et bénévole depuis 2023. Je suis en couple avec Clémentine et nous avons un petit garçon de cinq ans. Mon métier est enseignante en sciences médico-sociales depuis dix ans dans un lycée de Lyon en filières technologiques (ST2S).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu&rsquo;est ce qui t&rsquo;a amenée à vouloir agir dans les écoles sur le thème de la diversité des familles ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis enseignante et donc c’est dans mon ADN d’apporter des moyens pour parler de différents sujets dans les écoles. Avec la naissance de notre fils, puis son entrée en maternelle, je souhaitais parler de son histoire et de son schéma familial dans sa classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année, comme son école travaille sur le sujet des familles, de la maison et, plus généralement, de l’environnement qui entoure l’enfant, il me semblait pertinent de proposer la sensibilisation à la diversité des familles initiée par le Collectif Famille.s. Une fois le dossier pédagogique et la séance présentés à la directrice, c’est elle qui est rapidement revenue vers moi pour déployer cela dans le plus de classes possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants présentent en effet de plus en plus différents schémas familiaux. Il est donc intéressant de montrer dès le plus jeune âge qu’il n’y a pas de normes en matière de famille.s, mais plutôt de montrer leurs points communs. Dans la classe de mon fils, s’il y a une famille transparentale et deux familles homoparentales, c’est finalement les enfants vivant dans des familles recomposées qui avait le plus besoin de prendre la parole et de nommer les membres de leur famille.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel est le format de cet atelier avec les enfants de maternelle ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’atelier proposé par Marion, enseignante et bénévole au Collectif Famille.s, consiste en un temps de lecture du livre <em>Familles</em>, un album de Georgette. Puis nous prenons le temps d&rsquo;expliquer les différents schémas familiaux présentés dans ce livre. Ensuite, c’est un moment de parole libre avec les élèves qui permet de voir qu’il y a encore d’autres schémas familiaux qui ne sont pas dans le livre. Avec la directrice, comme nous avions décidé de laisser une trace de cet atelier, nous avons terminé avec un atelier de dessins pour que chacun dessine sa famille. Ceux-ci ont été présentés à la classe, puis aux parents lors d’un affichage. Cela a permis aux familles de se rendre compte par elle-même de la diversité des familles présentes et aussi de se voir représenté.es par leur enfant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel a été l’accueil de l’atelier par l’école ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La directrice et les enseignant.es ont été très favorables et je me suis dis qu’on avait une chance de folie d’avoir une école géniale, représentant et prônant les valeurs de l’école publique et laïque. Du coup, dès le début d’année, le travail de réflexion a commencé avec les enseignant.e.s des différents niveaux. Nous avons commencé avec les grandes sections et nous allons enchaîner avec les moyennes sections, qui commencent à acquérir la représentation du bonhomme pour le dessin. Pour les petites sections, nous utiliserons des Lego qui seront pris en photo pour présenter les familles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté parents, pour l’instant, je n’ai eu aucune mauvaise réaction. Ils ont été prévenus en amont par un mail, comme pour un cours de sport ou une sortie au cinéma, “Mme X ou M. X va venir présenter la diversité des familles”. Ce n’est pas du tout présenté comme une présentation des familles LGBTQIA+, car ce n’est pas cela l’enjeu. Le contenu répond à des objectifs pédagogiques sur les familles. C’est aussi très utile pour l’enseignant.e d’avoir le vocabulaire adapté et des outils à mettre en place pour adapter sa façon de parler et de répondre aux questions des enfants. Par exemple, en plus de l’album <em>Familles</em> présenté, nous parlons d’autres albums jeunesse comme <em>Camille veut une nouvelle famille</em>, ou encore le <em>jeu de 7 Familles de Camille</em> qui leur permet par la suite de continuer à aborder ces notions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’as-tu observé lors des premiers d&rsquo;ateliers de sensibilisation ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, c’était un peu stressant pour moi car j’ai vraiment l&rsquo;habitude de plus grands. Je me suis posée la question de savoir si les enfants allaient prendre la parole et réagir. Mais j’ai découvert les échanges avec des petits, leur candeur, la volonté et le plaisir de parler de leur famille. J’ai aussi aimé observer le plaisir des parents le lendemain lorsqu’ils ont découvert comment ils et elles avaient été <a href="http://xn--reprsent-e1ae.es">représenté.es</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un moment vraiment riche et très intéressant qui permet aux enfants de mettre des noms sur des membres de la famille : nommer une belle-mère, un beau-père, un demi frère ou une sœur issu.e d’un remariage, etc. C’est aussi la possibilité pour l&rsquo;enseignant.e de mettre le doigt sur des situations non connues auparavant, de repérer des éléments ou des situations problématiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que d&rsquo;autres structures que le Collectif Famille.s se sont déjà attelées à la tâche pour de si petits enfants ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’en ai pas connaissance. Nous recevons des documents du ministère de l’Éducation nationale pour lutter contre l’homophobie, la transphobie et toutes autres sortes de harcèlement, mais pas de séance comme celle proposée par le Collectif sous le prisme des schémas familiaux. L’avantage dans des classes de maternelle, c’est qu’il y a très peu de racisme, pas d’homophobie, aucune arrière-pensée. La parole des petits est directe et on explique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense néanmoins que nos enfants seront peut-être victimes d’homophobie à un moment donné. Il me semblait donc important de les préparer, de nommer les schémas de familles en amont. Il faut que des enfants qui arrivent en primaire aient capté la richesse de chacun.e ! L’école primaire est déjà l’espace où des idées préconçues et des influences de la part de l’entourage existent (homophobie, racisme).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Selon toi, comment peut-on chercher des parents alliés ? Comment leur faire prendre conscience des différents schémas familiaux ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que l’étape d’exposition des dessins des familles le lendemain matin est très intéressante et importante. Cela permet aux parents de voir la diversité des familles, de refléter une réalité. Chaque classe a aussi un blog où l’enseignant présente le Collectif avec des photos de l’intervention auprès des élèves, ce qui permet à certains de peut-être nous rejoindre par la suite. Je pense que les Journées en Famille.s, organisées en région, sont aussi très pertinentes pour sensibiliser des allié.es.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un dernier mot ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une expérience incroyable et très enrichissante. Au début, j’y suis allée en me disant qu’on allait permettre à nos enfants, vivant dans des familles queer, de pouvoir exprimer leur différence, et étonnement : ce n’est pas elles et eux qui ont besoin de parler de leur famille. Dans leur classe, ils et elles font partie intégrante de la diversité des familles ! Planter des graines dès la maternelle, on ne le faisait pas il y a 5 ou 6 ans. Et maintenant, nous bénéficions de questionnaires inclusifs (avec parent 1 / parent 2, ou deux fois pères / deux fois mères). J’encourage donc les bénévoles du Collectif Famille.s à aller dans les classes !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour aller plus loin : </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les enseignant·es, retrouvez tous les contenus clé en main dans nos ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<div class="wp-block-buttons is-layout-flex wp-block-buttons-is-layout-flex">
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		<title>A la rencontre de Proud 2 b Parents (français &#038; anglais)</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/a-la-rencontre-de-proud-2-b-parents-francais-anglais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 21:06:38 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Association]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[International]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’entretien a été traduit de l’anglais. Version française &#8211; Version anglaise Ce mois-ci, nous sommes allé.e.s à la rencontre de l’organisation Proud 2 b Parents. Une organisation par et pour les parents LGBTQ+ et leurs familles outre-manche. Elle organise des rencontres entre familles, des événements, des formations sur l’inclusivité à destination des professionnel.le.s et des [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>L’entretien a été traduit de l’anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="#francais">Version française</a></em> &#8211; <em><a href="#anglais">Version anglaise</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce mois-ci, nous sommes allé.e.s à la rencontre de l’organisation <a href="https://www.proud2bparents.co.uk/">Proud 2 b Parents</a>. Une organisation par et pour les parents LGBTQ+ et leurs familles outre-manche. Elle organise des rencontres entre familles, des événements, des formations sur l’inclusivité à destination des professionnel.le.s et des institutions. Nous leur avons demandé de partager avec nous leur regard sur le thème des allié.e.s en répondant à quelques questions.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour Proud 2 b Parents, “être allié.e” est une pratique continue : c’est quelque chose que l’on fait, pas que l’on est. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’est pas seulement avoir de bonnes intentions, mais agir pour réduire les préjugés, réfléchir à son langage et aux dynamiques de pouvoir. C’est s’engager pour combattre les inégalités et écouter les expériences vécues des parents et enfants LGBTQ+.</p>



<p class="wp-block-paragraph">« <em>Nous aidons les personnes à comprendre non seulement pourquoi l’inclusion est importante, mais aussi comment l’intégrer de manière concrète dans les interactions et les prises de décision au quotidien.</em> » Pour cela, l’organisation travaille avec les familles, les écoles, les structures de santé et les communautés en proposant des formations, des conversations et des ressources. Pouvoir compter sur des allié.e.s permet de transformer les systèmes, pas seulement les individus. Par exemple, leurs actions de formation des professionnel.le.s de santé et des services familiaux a amélioré l’accompagnement des parents LGBTQ+ pendant la grossesse, la petite enfance, etc.. Les familles se sentent ainsi plus en sécurité, respectées et confiantes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans les institutions, Proud 2 b Parents agit sur les politiques, le langage inclusif et la formation des équipes, pour créer des environnements inclusifs. L’association vise à montrer aux institutions que les familles LGBTQ+ ne sont pas un groupe à part, elles font partie des communautés que ces structures accompagnent au quotidien.</p>



<h2 class="wp-block-heading" id="francais"><strong>Comment votre organisation définit-elle le fait d’être allié⸱e dans le contexte des familles queer, et cette définition a-t-elle évolué au fil du temps ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chez Proud 2 b Parents, nous définissons le fait d’être allié⸱e comme étant actif, responsable et relationnel. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour nous, cela ne se résume pas à de bonnes intentions, mais consiste à agir pour réduire les préjudices, lutter contre les inégalités et mettre l&rsquo;accent sur les expériences vécues par les parents, les tuteurs et les enfants LGBT+. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Notre compréhension d’”être allié⸱e” a évolué au fil du temps. Au début, c’était souvent axé sur la visibilité et le soutien. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, nous mettons davantage l&rsquo;accent sur le pouvoir, les systèmes et la responsabilité. Être véritablement allié⸱e signifie écouter les familles queer, réfléchir aux préjugés personnels et institutionnels, et être prêt.e à changer ses pratiques, même si cela peut sembler inconfortable. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela signifie également reconnaître que devenir allié⸱e est un processus continu ; c&rsquo;est quelque chose que l&rsquo;on fait, pas quelque chose que l&rsquo;on est.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment impliquer et sensibiliser les personnes alliées potentielles, qu&rsquo;il s&rsquo;agisse de membres de la famille, d&rsquo;éducateur⸱rices, de professionnel⸱les de santé ou de membres de la communauté ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous impliquons nos allié⸱es en combinant sensibilisation, expérience vécue et établissement de relations. Notre approche est pratique et tient compte des traumatismes : nous aidons les gens à comprendre non seulement pourquoi l&rsquo;inclusion est importante, mais aussi comment l&rsquo;intégrer de manière significative dans les interactions quotidiennes et la prise de décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela comprend la formation de professionnel⸱les dans les domaines de la santé, de l&rsquo;éducation et des services sociaux, la facilitation de conversations communautaires, la production de ressources accessibles et l&rsquo;aide aux individus pour qu&rsquo;ils réfléchissent au langage, aux préjugés et aux rapports de force. Il est important de noter que nous allons à la rencontre des gens là où ils se trouvent. De nombreux allié⸱es veulent faire ce qu&rsquo;il faut, mais manquent de confiance ou de connaissances. Notre rôle est de créer des espaces d&rsquo;apprentissage empreints de compassion, d&rsquo;honnêteté et axés sur l&rsquo;impact concret.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous nous donner un exemple de campagne ou d&rsquo;intervention réussie qui a vraiment changé la donne pour les familles queer ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L&rsquo;une de nos interventions les plus marquantes a été notre travail visant à aider les professionnel⸱les de la santé et les professionnel⸱les travaillant avec les familles à devenir des allié⸱es plus affirmé⸱es des parents LGBT+ pendant la grossesse, les premières étapes de la parentalité, le placement familial et l&rsquo;adoption.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En combinant notre expérience vécue avec des conseils pratiques, nous avons aidé les services à changer leur façon de poser des questions, de concevoir des formulaires, de fournir des soins et de répondre aux familles dans les moments de vulnérabilité. Les familles nous ont dit que, grâce à cela, elles se sentaient plus en sécurité, plus respectées et plus confiantes pour accéder à l&rsquo;aide dont elles avaient besoin. Pour nous, c&rsquo;est à cela que ressemble un soutien efficace : lorsque les systèmes changent de manière à améliorer concrètement la vie des gens.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment travaillez-vous avec les écoles, les systèmes de santé ou d&rsquo;autres institutions pour créer des environnements plus favorables aux familles queer ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous travaillons en collaboration avec les institutions pour soutenir les changements culturels, structurels et pratiques. Cela comprend l&rsquo;examen des politiques, la fourniture de conseils sur le langage inclusif, la formation du personnel et l&rsquo;aide aux organisations pour mieux comprendre les expériences des parents et des aidants LGBT+.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous préconisons avant tout des approches qui vont au-delà de l&rsquo;inclusion « accessoire ». Des environnements favorables sont créés lorsque l&rsquo;inclusion est intégrée dans la protection, l&rsquo;engagement familial, la collecte de données, le leadership et la responsabilité. Nous aidons les institutions à reconnaître que les familles queer ne constituent pas un groupe marginal, mais font partie intégrante des communautés que ces systèmes ont pour mission de servir.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quelles ressources, quel soutien ou quelles collaborations aideraient votre organisation à renforcer le fait d’être allié⸱e au sein de votre communauté ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Être allié⸱e de façon durable nécessite un investissement à long terme, une collaboration et une responsabilité partagée. Il est essentiel de continuer à financer les organisations communautaires comme la nôtre, car nous sommes souvent les plus proches des réalités auxquelles les familles sont confrontées. Des partenariats intersectoriels plus solides &#8211; entre les organisations de santé, d&rsquo;éducation, d&rsquo;aide sociale et communautaires &#8211; jouent également un rôle essentiel dans la création d&rsquo;un soutien concerté.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous serions également favorables à un partage accru des connaissances au niveau international. Les familles queer existent partout, mais les obstacles auxquels elles sont confrontées sont façonnés par la culture, la politique et l&rsquo;histoire. Apprendre les uns des autres au-delà des frontières peut contribuer à renforcer le nombre de personnes alliées à l&rsquo;échelle mondiale et nous rappeler que l&rsquo;inclusion est à la fois une responsabilité locale et collective.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="anglais"><strong>How does your organization define allyship in the context of queer families, and has this definition evolved over time?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">At Proud 2 b Parents, we define allyship as active, accountable, and relational. For us, allyship is not about good intentions alone — it is about action that reduces harm, challenges inequality, and centres the lived experiences of LGBT+ parents, carers, and their children.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Our understanding of allyship has evolved over time. Early on, allyship was often framed around visibility and support. Now, we place greater emphasis on power, systems, and responsibility. True allyship means listening to queer families, reflecting on personal and institutional bias, and being willing to change practice — even when that feels uncomfortable. It also means recognising that allyship is ongoing; it is something you do, not something you are.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>How do you engage and educate potential allies—whether they’re family members, educators, healthcare providers, or community members?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">We engage allies through a combination of education, lived experience, and relationship-building. Our approach is trauma-informed and practical — we help people understand not only why inclusion matters, but how to embed it meaningfully in everyday interactions and decision-making.</p>



<p class="wp-block-paragraph">This includes delivering training to professionals across healthcare, education, and social care; facilitating community conversations; producing accessible resources; and supporting individuals to reflect on language, assumptions, and power dynamics. Importantly, we meet people where they are. Many allies want to do the right thing but lack confidence or knowledge — our role is to create learning spaces that are compassionate, honest, and focused on real-world impact.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Can you share an example of a successful allyship campaign or intervention that made a real difference for queer families?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph"><em>One of our most impactful interventions has been our work supporting health and family-facing professionals to become more affirming allies to LGBT+ parents during pregnancy, early parenthood, fostering, and adoption.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph">By combining lived-experience insight with practical guidance, we’ve helped services change how they ask questions, design forms, deliver care, and respond to families in moments of vulnerability. Families have told us that, as a result, they felt safer, more respected, and more confident accessing support. For us, that is what successful allyship looks like — when systems change in ways that materially improve people’s lives.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>How do you work with schools, healthcare systems, or other institutions to create more affirming environments for queer families?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">We work collaboratively with institutions to support cultural, structural, and practice-based change. This includes reviewing policies, advising on inclusive language, delivering workforce training, and supporting organisations to better understand the experiences of LGBT+ parents and carers.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Crucially, we advocate for approaches that move beyond “add-on” inclusion. Affirming environments are created when inclusion is embedded into safeguarding, family engagement, data collection, leadership, and accountability. We help institutions recognise that queer families are not a niche group — they are part of the communities these systems exist to serve.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>What resources, support, or collaborations would help your organization strengthen allyship in your community?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Sustainable allyship requires long-term investment, collaboration, and shared responsibility. Continued funding for community-led organisations like ours is essential, as we are often closest to the realities families face. Stronger cross-sector partnerships — between health, education, social care, and community organisations — also play a vital role in creating joined-up support.</p>



<p class="wp-block-paragraph">We would also welcome greater international knowledge-sharing. Queer families exist everywhere, but the barriers they face are shaped by culture, policy, and history. Learning from each other across borders can help strengthen allyship globally and remind us that inclusion is both a local and collective responsibility.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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		<title>Lou et Elena : notre bébé née grâce à un don d’embryon en Espagne</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/pma-don-dembryon-espagne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 13:05:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Famille avec deux mamans]]></category>
		<category><![CDATA[Lesbianisme]]></category>
		<category><![CDATA[PMA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://collectiffamilles.com/?p=27861</guid>

					<description><![CDATA[<p>Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Je m’appelle Elena, j&#8217;ai 30 ans et je suis la maman d’Aimée qui a 8 mois. Nous sommes mariées depuis 2021, mais nous nous connaissons depuis très longtemps puisqu’on sortait ensemble déjà au lycée ! Nous habitons à côté d’Arcachon. Je m’appelle Lou, j’ai 29 ans et je [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’appelle Elena, j&rsquo;ai 30 ans et je suis la maman d’Aimée qui a 8 mois. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes mariées depuis 2021, mais nous nous connaissons depuis très longtemps puisqu’on sortait ensemble déjà au lycée ! Nous habitons à côté d’Arcachon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’appelle Lou, j’ai 29 ans et je suis aussi la maman d’Aimée, que nous avons eu suite à un parcours de PMA en France, puis ensuite à l’étranger. Je suis en congé parental.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous initié ce parcours pour faire famille ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons commencé par un parcours de PMA en France, assez classique au CECOS* de Bordeaux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous étions toutes les deux jeunes, il n’y avait pas de difficultés médicales connues dans notre dossier, nous avons donc bénéficié d’inséminations avec donneur (IAD). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Malheureusement, nous avons enchaîné plusieurs grossesses arrêtées avant d’arriver à terme, puis des échecs de FIV. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était très difficile pour nous.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous connu le don d’embryon ? De quoi s’agit-il exactement ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée de ces multiples échecs, un couple d’amies lesbiennes nous a parlé de leur parcours : elles sont allées en Espagne dans une clinique pour un parcours d’adoption d’embryon. Ce sont donc elles qui nous ont introduites à cette méthode inconnue pour nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle généralement d’adoption d&#8217;embryon au sens large. Nous avons bénéficié d’un don d’embryon pour accueillir un embryon. L’adoption renferme le don-l’accueil-l’adoption d’embryon, c’est la même chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette clinique, il s&rsquo;agissait majoritairement de doubles dons, mais ça peut aussi être tout à fait un embryon issu d&rsquo;un traitement entre une donneuse et un patient ou même deux patients ; donc un couple, ou une femme seule, qui a terminé son parcours de conception, qui ne veut pas d’autre grossesse, qui a des embryons récents en stock et qui décide d’en faire don.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une technique qui reste peu, voire pas, conseillée dans les cliniques espagnoles car elle est moins lucrative…. La première clinique que nous avions contactée en Espagne nous a découragé de choisir cette méthode. En effet, les cliniques essaient davantage de diriger les personnes vers le double don, qui est plus avantageux financièrement pour elles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment cela s’est donc passé pour vous ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons opté pour la même clinique que nos amies, avec un médecin très partant pour cette méthode-là. Une fois la décision prise, la suite a été plutôt rapide. En mars 2024, nous avons échangé une première fois sur l&rsquo;adoption d’embryon, sur la manière de sélectionner les embryons et le protocole de transfert. Nous étions sur liste d&rsquo;attente, plutôt courte, le temps de sélectionner les embryons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois mois plus tard, au mois de juin, nous avons reçu un appel du médecin : un don d’embryons correspondait à nos critères. Nous n’avions pas donné de critères physiques (rapprochement de nos phénotypes), en revanche, nous voulions des embryons de donneur et donneuse avec une fertilité prouvée (c’est-à-dire qui ont déjà des enfants nés vivants).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet, nous avons fait le transfert d’un de ces embryons : c’était Aimée, qui est née en mars 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quelles différences avez-vous identifiées entre la France et l’Espagne ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le diagnostic pré-implantatoire (DPI) n’est pas autorisé pour tous les embryons. C’est une biopsie de l’embryon qui est réalisée uniquement en cas d’anomalie décelée sur les caryotypes. En l&rsquo;occurrence, mon caryotype était normal, et celui du donneur également car c’est une des conditions pour pouvoir donner. Dans notre cas, nous n’étions donc pas en mesure de savoir (et nous ne saurons jamais) pourquoi les grossesses suite aux IAD se sont arrêtées. Il est possible que cela vienne du donneur ou bien de la faute à pas de chance.&nbsp; C’est pourquoi nous nous sommes dirigées vers l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Espagne, même s’il y a deux caryotypes normaux, on peut faire ce diagnostic pré-implantatoire (DPI) sur les embryons. On sait donc qu’on va implanter un embryon qui génétiquement a le bon nombre de chromosomes, ce qui réduit déjà énormément le risque d’arrêts de grossesse qui découlent en majorité d’“accidents chromosomiques” au moment de la division cellulaire, même avec des caryotypes normaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, c’est une réalité : les dons de sperme sont moins qualitatifs. Alors qu’en Espagne, les dons sont rémunérés, donc il y a beaucoup plus de donneurs. En France, il y a même moins de donneurs que de donneuses, donc peu de tri des gamètes mâles. On le voit dans le compte-rendu des inséminations dans lesquelles il est écrit qu’il y a peu de mobilité des spermatozoïdes, ou peu de spermatozoïdes : des dons sont acceptés en France avec des spermogrammes qui ne seraient même pas acceptés à l’étranger.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Savez-vous quel est le régime d’anonymat pour les personnes qui ont donné ? Et quel est votre rapport à l’anonymat ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Espagne, c’est le régime de l’anonymat complet des donneurs et donneuses. C’est le même régime qui s’applique pour les accueils d’embryon. C’est un point qu’on avait déjà discuté avec un biologiste en France quand j’ai donné mes ovocytes avant même de débuter notre parcours PMA. C’était avant l’entrée en vigueur du décret d’application de la loi bioéthique de 2021. Pour ce biologiste, seule une très faible partie des personnes nées de don de gamètes font la demande d’accès aux origines. Donc cette levée de l’anonymat des dons de gamète était pour lui un faux sujet. Pour nous aussi, le sujet était clair : l&rsquo;important pour les enfants, c’est de connaître leur histoire, comment iel sont arrivé⸱es, et non pas l’identité d’une personne qui ne fait pas partie de leur vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes extrêmement reconnaissantes de ces multiples dons. C’est toute une chaîne de générosité : une donneuse, un donneur, un couple ou une femme seule qui décide de donner ses embryons récents.&nbsp;Mais pour nous, ces personnes restent des donneurs et donneuses. Comme moi qui ai donné mes ovocytes, je ne me considère pas partie prenante d’un projet d’enfant de quelqu’un d’autre. Ce sont des personnes qui nous ont donné un coup de pouce pour fonder une famille et c’est le plus beau des cadeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On n’a pas de problème avec cet anonymat car on a prévu d’être extrêmement transparentes avec Aimée. Et on le fait déjà, elle a déjà entendu cette histoire plein de fois, notamment par des livres sur comment elle est arrivée. L’important pour un enfant, c’est de savoir qu’elle est arrivée dans l’amour et qu&rsquo;on l’a attendue. Je ne suis vraiment pas sûre de l’importance de mettre un nom sur un donneur, d’autant plus que le régime de non-anonymat en France prévoit qu’à sa majorité, l’enfant peut obtenir les données identifiantes des donneurs : nom, prénom, genre, date et lieu de naissance, et c’est tout.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est ce que ce double don de gamètes a changé pour vous ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avons jamais accordé d’importance à transmettre notre patrimoine génétique. Je pense que si on avait eu connaissance de cette méthode dès le début de notre parcours, c’est possible qu’on l’ait choisi plutôt qu’une autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous étions arrivées à un moment de notre parcours où, moi qui ai porté notre fille, je n’avais plus confiance dans mon corps. De mon côté, ça m&rsquo;a donc déchargé d’une responsabilité : ce n’était plus ma génétique qui entrait en jeu et on repartait sur de bonnes bases. Nous savions que ces embryons-là donnaient des bébés et pour nous, c’était ça l’important.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons eu toutes les deux la même émotion quand Aimée quand elle est née, quand on l’a rencontrée, ça a été notre fille tout de suite. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est elle qu&rsquo;on attendait. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela est un grand cheminement, plein de décisions et de coups du destin qui nous ont fait arriver jusqu’à elle. C’est la méthode qui nous fallait.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que dites-vous à des personnes qui pourraient avoir besoin d’un don ou d’un double don de gamètes et qui ne connaissent pas du tout le don d’embryon ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un cheminement très personnel de renoncer à la transmission de son patrimoine génétique. Je pense que pour certaines personnes ce n’est pas un sujet dès le départ et que pour d’autres ça prend du temps. C’est quelque chose qui ne se commande pas vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la question se pose pour des raisons médicales, ce qui peut aider, c’est de se renseigner beaucoup sur l’épigénétique. Également lire beaucoup de témoignages de parents d&rsquo;enfants nés de dons de gamètes. Car en pratique, on se rend compte que la transmission génétique est une toute petite partie de la personnalité et des traits physiques d’un être humain. Avec l’épigénétique, très souvent, les enfants ressemblent à leurs parents alors même qu’il n’y a aucun patrimoine génétique commun, que ce soit physiquement ou dans les attitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre quotidien, ne pas partager un patrimoine génétique, ça ne change rien du tout. Les gens nous disent tout le temps qu’elle nous ressemble, les gens ne se posent pas la question alors qu’elle est blonde aux yeux bleus et qu’on est toutes les deux brunes aux yeux marrons.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un dernier mot ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une méthode qui n’est donc pas très présentée par les cliniques à l’étranger pour des raisons financières, mais nous pensons vraiment que c’est une super technique. Ce sont des embryons qui existent déjà, ce sont des couples de gamètes qui donnent des bébés en bonne santé. Je pense que lorsqu’on a eu un parcours d&rsquo;arrêt de grossesse c’est hyper précieux de pouvoir faire le DPI, qui donne une grande sérénité pendant le premier trimestre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une méthode qui ressemble à une insémination sur le principe, mais à la place de placer des paillettes, c’est un embryon tout beau tout prêt. En France, cette méthode est très très restrictive et il y a une très longue attente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment avez-vous connu le Collectif Famille⸱s?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous sommes beaucoup appuyées sur le travail et les ressources du Collectif Famille⸱s dès sa création. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme nous n’étions pas encore mamans, c’était trop douloureux, nous nous sentions pas à notre place. Par notre parcours difficile, nous avions du mal à être confrontées aux familles déjà créées et aux bébés, même dans la vie de tous les jours. Nous étions adhérentes, mais sans venir aux événements. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est depuis la naissance d’Aimée qu’on a eu ce besoin de rencontrer ces familles qui ressemblent à la nôtre, surtout Elena d’ailleurs. On a aucune famille homoparentale autour de nous, c’est pourquoi nous avons plus besoin de se retrouver en communauté. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons participé à notre première Journée en Famille⸱s, à Bordeaux. C’était vraiment très chouette, on a même échangé des numéros pour faire des sorties à Bordeaux ensemble. Et puis nous avons prévu de venir au Family Pride Festival 2026 et de faire du bénévolat pour et au sein du Collectif !</p>



<p class="wp-block-paragraph">*<em>CECOS = Centres d&rsquo;Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/pma-don-dembryon-espagne/">Lou et Elena : notre bébé née grâce à un don d’embryon en Espagne</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
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		<title>V. : donner ses ovocytes et donner la parole aux enfants nés issus de ces dons</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/donner-ses-ovocytes-et-la-parole-aux-enfants-nes-issus-de-ces-dons/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 24 Nov 2025 20:02:37 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Don]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peux-tu te présenter en quelques mots et nous dire ce qui t’a amenée à devenir donneuse d’ovocytes ? Je suis V., j’ai 35 ans, je suis hétéro, actuellement en couple avec un homme. En 2023, j’ai commencé un parcours PMA pour avoir un enfant seule, et c’est fin 2024 que j’ai rencontré cette personne. C’est [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Peux-tu te présenter en quelques mots et nous dire ce qui t’a amenée à devenir donneuse d’ovocytes ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis V., j’ai 35 ans, je suis hétéro, actuellement en couple avec un homme. En 2023, j’ai commencé un parcours PMA pour avoir un enfant seule, et c’est fin 2024 que j’ai rencontré cette personne.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est dans le cadre de ce parcours PMA solo que j’avais pris un engagement vis-à-vis de moi-même : comme je recevrais un don de gamètes pour tomber enceinte, je ferais don de mes gamètes moi aussi. J’avais une bonne réserve folliculaire donc le deal, pour moi, était d’en faire profiter un couple ou une femme en désir de devenir parent·s.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Avec mon conjoint, nous avons eu très vite le projet d’avoir un enfant ensemble, j’ai donc arrêté ce parcours PMA, tout en gardant le projet de faire ce don de gamètes.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que cela représente pour toi, concrètement et émotionnellement, de donner tes ovocytes ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un sujet auquel je réfléchis depuis assez longtemps. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis bénévole au sein du Collectif Famille⸱s depuis 5 ans maintenant et j’ai eu l’occasion de m’interroger sur les sujets liés à la filiation lors de discussions régulières avec d’autres bénévoles. J’ai également plusieurs copines en couple qui ont eu des enfants par PMA en France ou à l&rsquo;étranger. </p>



<p class="wp-block-paragraph">La place des donneur·euses faisait partie de toutes les discussions et pour moi c&rsquo;est super clair : j’envisage le don d’ovocytes comme j&rsquo;envisage un don de sang ou de plasma. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais j&rsquo;ai découvert que l&rsquo;on avait tous·tes un rapport à la filiation qui était très individuel, identitaire et j&rsquo;ai beaucoup cheminé sur ce sujet en trois ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment s’est déroulé le processus, de ta décision jusqu’au don ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mon parcours de don à démarré en 2023, en parallèle de mon parcours PMA solo.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il m&rsquo;a fallu rencontrer l’équipe médicale pour faire un bilan de fertilité, identifier dans ma famille les éventuelles maladies qui pourraient être héréditaires, déposer un dossier accessible à l&rsquo;enfant ou aux enfants issu·es du don s’iels le souhaitent à leur majorité et puis rencontrer l&rsquo;anesthésiste, ayant choisi de réaliser la ponction sous anesthésie générale.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La ponction a eu lieu en octobre. J’ai eu une stimulation hormonale pendant 15 jours avec des piqures réalisées le soir, dans le but de produire un maximum de follicules à ponctionner. Quelques jours avant la ponction, mon ovulation a été déclenchée et je suis allée à l&rsquo;hôpital en ambulatoire pour la journée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">L’équipe médicale qui m’a accompagnée a été super, on sentait que certaines personnes étaient militantes et que les équipes de ce CHU ont l’habitude d’accompagner des personnes queer. On m&rsquo;a demandé plusieurs fois si ma conjointe se joignait à nous pour le rendez-vous ! Je me suis sentie comprise, écoutée, médicalement et humainement bien accompagnée.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La phase en amont avec les piqûres demande un peu d&rsquo;organisation. On te propose des soins infirmiers à domicile plutôt que de les faire seule. J’ai eu l’expérience de mes copines qui sont passées par là et qui m’ont donné des conseils. J’ai senti que je n&rsquo;étais pas seule.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Après la ponction, mon corps était gonflé à bloc, j&rsquo;ai été arrêtée une grosse semaine pour pouvoir gérer les douleurs et le post-opératoire sereinement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment ton entourage a réagi à ta démarche ? As-tu reçu du soutien, des critiques, des questions ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Comme j&rsquo;ai démarré un double parcours PMA solo et de don d’ovocytes, j&rsquo;ai expliqué ma démarche à mon entourage dès le début. Les questions ou inquiétudes portaient plus sur la maternité solo. Sur le don d&rsquo;ovocyte, beaucoup de questions de curiosité, la plupart des personnes ne savaient même pas que c&rsquo;était possible ou nécessaire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au fil de mes discussion, j’ai pu observer que du côté des hommes cis le rapport aux gamètes est beaucoup plus “filial” que celui que moi je peux avoir aujourd’hui. J&rsquo;ai pu observer que le rapport aux ovocytes est plus distant, moins fantasmé et surtout moins sexualisé que le sperme. Notre contribution à la maternité ne réside pas dans notre production d’ovocytes, la ou le lien entre être père et donner une graine à encore beaucoup de place. Lors de mes discutions avec des amies cis sur un don potentiel, leurs interrogations étaient sur les douleurs et le processus plus que sur la revendication future d&rsquo;une potentielle filiation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">De plus, à partir du 31 mars 2025, la loi de bioéthique a imposé aux CECOS* la destruction des gamètes issus de dons anonymes. Désormais, ce nouveau régime de non-anonymat des dons apporte une évolution notamment dans les pièces du dossier accessible à la majorité de l’enfant issu du don. On peut y laisser une lettre. Dans la mienne, je partage qu’il n’y a pas de lien filial entre nous et que j’espère que sa famille prend soin de lui ou d’elle. Mais le constat est que le non-anonymat est un frein au don, il est dissuasif, c’est certain. Et je respecte cela.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La génétique, c’est quelque chose de profondément intime, qui fait partie de l’identité. Quand tu as toi-même accès à tes origines, une famille aimante tout va bien, quand tu n’as pas accès à ça, je pense que ça peut être pris sous plein d&rsquo;autres angles. J’ai un profond respect pour la multiplicité des parcours, des histoires, et sur le fait que pour plein de personnes c’est un sujet complexe.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel message aimerais-tu faire passer à celles et ceux qui s’interrogent sur le don ou qui ne le connaissent pas bien ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Qu’il y a besoin de ces dons, mais je pense aussi qu’il ne faut pas négliger le fait que ce sont des sujets qui prennent du temps et qui ont besoin de réflexion.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un sujet au niveau global : je suis hyper heureuse de voir en tant que citoyenne, qu&rsquo;il y a eu récemment une campagne de sensibilisation et des moyens investis pour la recherche de donneur·ses. On a vu le sujet abordé par des médias et des influenceur·euses en ligne et ça fait du bien ! Malgré tout, la charge repose sur les épaules des professionnels de santé motivé·es. Les pros que j&rsquo;ai rencontré bricolent avec flyers et quelques infos, car on est dans une stratégie plutôt passive de la part de l&rsquo;Agence française de biomédecine. Il suffit de faire le parallèle avec d’autres pays dans lesquels des incitations sont mises en place, par exemple des réductions d&rsquo;impôt ou des incitations financières. L’idée n’est pas de dire si c&rsquo;est bien ou pas, mais qu’il existe des stratégies politiques visant à augmenter le nombre de donneurs et de donneuses de gamètes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est aussi un sujet au niveau individuel : dans le cadre de ma réflexion, j’ai cherché des témoignages d’enfants issus de dons de gamètes et je me suis rendue compte qu&rsquo;il n&rsquo;y en avait pas encore beaucoup. C’est sûrement générationnel, car en Belgique, la PMA est possible depuis 25 ans ! Il m&rsquo;a paru intéressant et nécessaire de recueillir les témoignages de ces enfants-là, qui constituent des exemples positifs permettant d’aller au-delà des inquiétudes et des craintes (et même du fantasme selon lequel un éventuel enfant viendrait toquer à ta porte à 18 ans).</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a beau anticiper ou désacraliser plein de choses, on a surtout besoin de témoignages de ces enfants qui ne se réclament pas d&rsquo;une quelconque parenté, ni d’un parent manquant ou fantasmé. Je pense qu’il y a un enjeu avec le Collectif Famille.s de leur donner la parole et ainsi rendre visible leur vécus.</p>



<p class="wp-block-paragraph">*<em>CECOS = Centres d&rsquo;Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/donner-ses-ovocytes-et-la-parole-aux-enfants-nes-issus-de-ces-dons/">V. : donner ses ovocytes et donner la parole aux enfants nés issus de ces dons</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
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		<title>EMMA, trois fois donneuse d&#8217;ovocytes au Canada (français &#038; anglais)</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/emma-trois-fois-donneuse-dovocytes-au-canada-francais-anglais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 14:16:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Don]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Famille avec deux papas]]></category>
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		<category><![CDATA[homoparentalité]]></category>
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		<category><![CDATA[parentalité lgbt]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’entretien a été traduit de l’anglais. Version française &#8211; Version anglaise Emma : trois fois donneuse d&#8217;ovocytes au canada « Donner son sang, c&#8217;est sauver la vie d&#8217;une personne. Donner ses ovocytes, c&#8217;est changer la vie d&#8217;une personne. » Qui es-tu et peux-tu nous dire ce qui t’a amenée à devenir donneuse d&#8217;ovocytes ? Je m&#8217;appelle Emma, [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>L’entretien a été traduit de l’anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="#francais">Version française</a></em> &#8211; <em><a href="#anglais">Version anglaise</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="francais">Emma : trois fois donneuse d&rsquo;ovocytes au canada</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Donner son sang, c&rsquo;est sauver la vie d&rsquo;une personne. Donner ses ovocytes, c&rsquo;est changer la vie d&rsquo;une personne. »</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui es-tu et peux-tu nous dire ce qui t’a amenée à devenir donneuse d&rsquo;ovocytes ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m&rsquo;appelle Emma, j&rsquo;ai 30 ans et je viens d&rsquo;Ottawa, en Ontario, au Canada.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au départ, je me suis lancée dans le don d&rsquo;ovocytes parce que ma mère était femme porteuse. Elle s&rsquo;est lancée dans ce domaine et m&rsquo;a permis de savoir que c’était possible. Je crois que j&rsquo;avais 20 ans la première fois que j&rsquo;ai donné mes ovocytes, et depuis, je l&rsquo;ai fait trois fois au total. Aujourd’hui, j&rsquo;ai un partenaire, nous sommes ensemble depuis un an maintenant. Mais au moment où j&rsquo;ai fait mon premier don, j&rsquo;étais célibataire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma mère m&rsquo;a simplement ouvert les yeux sur le fait qu&rsquo;il y avait des gens qui en avaient vraiment besoin, qu’une jeune femme pouvait se porter volontaire pour faire ce don et qu’ainsi, ils pourraient eux aussi fonder une famille. J&rsquo;ai trouvé cela très stimulant et je me suis inscrite immédiatement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que signifie pour toi le don d&rsquo;ovocytes, tant sur le plan pratique qu’émotionnel ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis donneuse d&rsquo;organes enregistrée et j&rsquo;ai donné mon sang. Le don, c’est donc quelque chose de naturel pour moi. Je pense que tout le monde mérite d&rsquo;avoir une famille, donc si je peux aider quelqu&rsquo;un à y parvenir, c&rsquo;est vraiment une belle chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan émotionnel, c&rsquo;est merveilleux de pouvoir voir l&rsquo;enfant grandir. Guillaume et Julien m&rsquo;envoient régulièrement des nouvelles. Cela me réchauffe le cœur de voir cette petite famille grandir ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux premières fois où j&rsquo;ai fait un don, c&rsquo;était de manière anonyme. Je n&rsquo;ai donc malheureusement aucune information ni aucune nouvelle, mais cela ne me dérange pas. Je l&rsquo;ai fait pour donner à des gens la possibilité d&rsquo;avoir une famille, pas pour des raisons personnelles. C&rsquo;était leur choix et je le respecte totalement. Mais je suis ouverte à l&rsquo;idée que l&rsquo;enfant veuille me rencontrer lorsqu&rsquo;il aura 18 ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment s&rsquo;est déroulé le processus de don, depuis ta décision initiale jusqu&rsquo;à la procédure proprement dite ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était intéressant, car il faut d&rsquo;abord passer un examen médical général, avec des tests et de nombreuses analyses sanguines. C&rsquo;est pour vérifier que vous êtes apte, que vous n&rsquo;avez pas de problèmes cardiaques ou autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le processus proprement dit, le prélèvement des ovules, est assez intense, pour être honnête. Il faut subir de nombreuses piqûres et prendre beaucoup de médicaments. C&rsquo;est assez douloureux et cela a des répercussions sur votre corps. Il faut compter deux semaines entre le début du processus et le prélèvement. C&rsquo;est exigeant pour un don.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, j&rsquo;ai peur des aiguilles, je déteste ça ! Comme je l&rsquo;ai dit, je donne aussi mon sang, même si j&rsquo;ai très peur des aiguilles, je le fais quand même. C&rsquo;est juste un petit moment où vous êtes mal à l&rsquo;aise. En donnant votre sang, vous pouvez sauver la vie de quelqu&rsquo;un, et en donnant vos ovules, vous pouvez changer la vie de quelqu&rsquo;un. Je pense donc que cela en vaut la peine au final. Mais cela peut certainement être intimidant pour quelqu&rsquo;un qui a peur des aiguilles ou des procédures médicales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment tes amis et ta famille ont réagi à ton choix ? As-tu reçu du soutien, des critiques ou des questions curieuses ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Honnêtement, je n&rsquo;ai reçu que du soutien et de l&rsquo;admiration, en particulier de la part de mes amis du même âge. « Waouh, je n&rsquo;arrive pas à croire que tu aies fait ça, c&rsquo;est trop cool. » Quant à ma famille, tout le monde m&rsquo;a beaucoup soutenue. Mes amis ont évidemment beaucoup de questions, comme « ça veut dire que tu es la mère de l&rsquo;enfant ? ». C&rsquo;était plutôt sain de pouvoir aborder ce sujet afin que les gens comprennent mieux comment fonctionne ce process avec femme porteuse et don d&rsquo;ovocytes. Cela permet de briser certains préjugés liés à ce sujet et a permis d&rsquo;ouvrir le dialogue avec des personnes qui n&rsquo;auraient probablement jamais eu ce genre de conversation autrement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Y a-t-il quelque chose que tu aimerais dire aux personnes qui s&rsquo;intéressent au don d&rsquo;ovocytes ou qui envisagent de le faire elles-mêmes ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je dirais que cela a été une expérience très enrichissante, tant pour les dons anonymes que pour les dons non anonymes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est extrêmement gratifiant de savoir que vous avez un impact sur la vie de quelqu&rsquo;un, même si vous ne le connaissez pas et qu&rsquo;il ne vous connaît pas. Je pense que cela en vaut vraiment la peine. Mais ce n&rsquo;est pas quelque chose à faire à la légère car c’est un processus très intense, qui a des répercussions sur votre corps. Mais si vous êtes quelqu&rsquo;un qui souhaite le faire, n&rsquo;hésitez pas. C&rsquo;est une occasion unique dans une vie de vraiment changer la vie de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel était ton rôle dans le processus vers la parentalité (femme porteuse) de Guillaume et Julien ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pendant le don que nous avons commencé à discuter, puis nous sommes restés en contact par e-mail. L&rsquo;année dernière, je suis allée en France et j&rsquo;ai pu leur rendre visite et les rencontrer, ce qui a été une expérience formidable. Ma mère et ma sœur ont également pu les rencontrer. C&rsquo;était comme si deux familles se réunissaient. Je leur ai également rendu visite lorsqu&rsquo;ils sont venus au Canada, c&rsquo;était très sympa.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un dernier mot ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Même dans le cadre d&rsquo;une famille traditionnelle, la situation peut être très complexe. Il existe de nombreuses structures familiales différentes, même si l&rsquo;on suit un parcours « normal ». L&rsquo;essentiel est d&rsquo;être ouvert et honnête avec les enfants dès le début. Il faut leur dire exactement qui est qui et comment ils sont venus au monde. Cela fera partie de leur quotidien. Je pense donc qu&rsquo;un don connu (non anonyme) est une excellente chose. Les enfants nés d&rsquo;une femme porteuse se posent des questions sur qui je suis et d&rsquo;où je viens. Il faut garder le dialogue ouvert dès le début afin que cela ne devienne pas un problème plus tard, lorsqu&rsquo;ils deviendront adolescents ou qu&rsquo;ils s&rsquo;affirmeront. Il vaut mieux les laisser poser des questions et y répondre. Laissez-les faire ce cheminement par eux-mêmes.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="anglais">Emma &#8211; three times as an egg donor in Canada</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">“In terms of blood donation you can save someone’s life, in terms of egg donation you can change someone’s life.”</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Could you introduce yourself briefly and tell us what led you to become an egg donor?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">I am Emma, I am 30 years old and I am from Ottawa, Ottario, Canada.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I originally got involved in an egg donation, because my mother was a surrogate. She got into that area and let me know that there was a possibility.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I think I was 20 the first time I donated my eggs, and I have done it 3 times in total.</p>



<p class="wp-block-paragraph">She just kind of let me know that there were people that really needed it, a young woman to&nbsp; step up and do that donation for them so that they could have a family as well. I thought that that was super exciting and wanted to be a part of it. I signed up right away.</p>



<p class="wp-block-paragraph">(I have a partner, we have been together for a year now. At the time when I first donated I was just single then.)</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>What does donating your eggs mean to you — both practically and emotionally?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">I am a registered organ donor, I have donated my blood. It is kind of natural. Some people need this thing, I am not using it currently, so I can give that away.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I do… everyone deserves to have a family so if i can help somebody get there, that is a really beautiful thing.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Emotionally, it’s wonderful being able to watch the child growing up. Guillaume and Julien send me updates all the time. It really warms my heart just to see the little family growing together.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The first two times I donated were anonymous donations. So unfortunately, I don’t have any information or updates and those, which is also fine. That was their choice and I totally respect that. I am open if the child wants to meet me, when they turn 18. If not that&rsquo;s ok too. I did it to give the opportunity to people to have a family, not for my own kind of reasons.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>What was the donation process like, from your first decision to the actual procedure?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">It was interesting because first you do a general health check-up, like testing, a lot of blood work. To check that you are kind of qualified, that nothing hearts you or anything like that. That was fine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The actual process, the ovum harvesting, is quite intense to be honest. You have to get a lot of needles and medication. That is kind of painful and it takes a toll on your body. It just takes 2 weeks from the beginning of the process to the harvesty. That&rsquo;s good but it&rsquo;s definitely a lot for a donation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I am actually afraid of needles, I hate it. I think if you are the kind of person who can push through that fear, as I said I donate blood too, even though I am terrified of needles. I do it anyways. It’s a small blipping time&nbsp; when you are a little bit uncomfortable. In terms of blood donation you can save someone’s life, in term of egg donation you can change someone’s life. So I think it’s worth it in the end. But it can be intimidating for sure for someone who is scared of needles or medication procedures.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>How did your friends and family react to your choice? Did you receive support, criticism, or curious questions?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Honestly I receive nothing but support and admiration, especially from my friend my age. “wow i cant’ believe you have done that, it&rsquo;s so cool”. With my family, everyone was super supportive. My friends definitely have a lot of questions, like “does that mean you are the kid’s mom?”. It was kind of nice to be able to open up that conversation, so that and give people a better understanding of how surrogacy works and egg donation works. Kind of break down some stigmas attached to that industry. It really just opened the conversation for people who probably would never have had this kind of conversation otherwise.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Is there anything you’d like to say to people who are curious about egg donation, or who might be considering it themselves?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">I would say it’s been a very fulfilling experience, both the anonymous donations as well as the known donation. It’s extremely fulfilling to know that you have an impact on someone’s life even if you don’t know them and they don’t know you. I think it’s very worth it. It is not something to do lately. It can be a very intensive process, it does take a toll on your body. But if you are someone who wants to do that, definitely go for it. It’s kind of a once of a lifetime opportunity to really make a difference in someone else’s life. I think that’s incredible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>What was your place in surrogacy with Guillaume and Julien ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">CIt was during the donation that we started to be in contact and chat and we’ve been in touch by email. Actually last year I went to France and I was able to visit with them and meet them which was a super handsome experience. My mum got to meet them as well and my sister. That was like bringing two families together. And I also visited them when they came to Canada, it’s very fun.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Last word ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Even with normal family making, there can be a lot of complexity, there is a lot of different family structure that you can have even if you do things in a “normal” way. The main thing is to be open and honest with the children from the beginning. Tell them exactly who is who, and how they came to be born. That’s gonna be their normal. So I think a known donation is a great thing. The kids who are born in surrogacy have questions: who I am and where I come from. You keep the conversation open from the beginning so that it does not become a struggle down the road when they become teenagers or put themselves out. It’s best to be open and honest and let them ask questions and answer their questions. Let them take that journey for themselves.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/emma-trois-fois-donneuse-dovocytes-au-canada-francais-anglais/">EMMA, trois fois donneuse d&rsquo;ovocytes au Canada (français &amp; anglais)</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
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			</item>
		<item>
		<title>Vanessa, femme porteuse au Canada : “Une aventure qui implique tout : le corps, la famille, le quotidien”</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/temoignage-vanessa-mere-porteuse-au-canada/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 22 Sep 2025 10:11:30 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Famille avec deux papas]]></category>
		<category><![CDATA[GPA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Vanessa vit au Canada et a déjà porté deux enfants pour le même couple de papas. Au moment où nous l’avons rencontrée, les deux papas et leur première fille viennent d’arriver au Québec. Dans quelques semaines, leur deuxième enfant va en effet naître. L’histoire de Vanessa est celle d’une démarche profondément humaine, éthique et remplie [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>Vanessa vit au Canada et a déjà porté deux enfants pour le même couple de papas. Au moment où nous l’avons rencontrée, les deux papas et leur première fille viennent d’arriver au Québec. Dans quelques semaines, leur deuxième enfant va en effet naître. <br>L’histoire de Vanessa est celle d’une démarche profondément humaine, éthique et remplie de générosité, qui permet à des parents de réaliser leur rêve.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui es-tu, Vanessa ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai 39 ans. Je suis en couple depuis 15 ans et maman d’un fils de 9 ans et d’une belle-fille de 19 ans. <br>Je suis porteuse pour la deuxième fois, et c’est pour le même couple d’hommes que j’ai choisi de me lancer à nouveau.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment as-tu décidé de devenir porteuse ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au départ, je pensais le faire uniquement pour un membre de ma famille. Ma sœur a eu des difficultés à avoir son enfant et a donc suivi des traitements de fertilité. J’avais commencé à me renseigner pour porter pour elle, mais finalement, elle est tombée enceinte. <br>Ce projet n’est pas une démarche personnelle, mais un vrai projet de famille où mon mari et moi avons toujours voulu être transparents avec nos enfants. Ainsi, quand mon fils a eu 6 ans, je me suis dit qu’il était assez mûr pour comprendre et être ainsi impliqué dans un projet avec des parents extérieurs à notre famille. Je me suis sentie prête à me lancer.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Et la rencontre avec Guillaume et Renaud ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis passée par une agence spécialisée au Canada. Tout est très encadré par la loi. <br>L’agence m’a montré plusieurs couples à travers des vidéos où chacun racontait son histoire et ses valeurs. <br>C’est un peu comme un profil de “dating” : il faut trouver le “match” parfait. <br>Nous avons échangé très rapidement après, et ce fut instantané avec Guillaume et Renaud !</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment as-tu vécu ces deux grossesses ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Chacune a été un véritable cadeau. Déjà, nous avons eu beaucoup de chance : les deux transferts ont fonctionné dès le premier essai. La grossesse de Madeline, née en avril 2023, s’est parfaitement déroulée, sans complication. L’accouchement a été une expérience magnifique : les deux papas étaient présents et pleinement impliqués. <br>Pour moi, c’était essentiel qu’ils vivent chaque instant car c’est eux qui vont accueillir l’enfant. Pour le deuxième bébé, nous avons suivi le même protocole et tout s’est également très bien passé.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel lien entretiens-tu avec les enfants et les papas ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, j’ai eu des craintes naturellement sur la relation après la naissance, mais nous avons travaillé pour qu’elle perdure. Avant le transfert, nous avons passé une semaine ensemble dans un chalet au Québec pour mieux nous connaître et créer une vraie relation de confiance. <br>Aujourd’hui, nous avons un rythme de communication stable : des appels chaque dimanche et des messages réguliers depuis bientôt 4 ans. Nous essayons de nous voir au moins une fois par an, en alternance entre le Canada et la France. Avec Madeline, même si elle n’a que deux ans et demi, il existe une connexion très spéciale entre nous.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel message aimerais-tu partager à celles qui envisagent de devenir porteuses ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une aventure qui implique tout : le corps, la famille, le quotidien. Mais si vous sentez que cela résonne en vous, foncez. C’est une expérience humaine unique, qui m’a fait énormément grandir. Les défis existent, mais le positif est immense. Pour moi, c’est l’une des plus belles expériences de ma vie.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un dernier mot ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je ne suis pas la mère biologique de ces enfants, je suis simplement celle qui les a portés, le petit four qui les a protégés et accompagnés jusqu’à la naissance. <br>Cette distinction est essentielle pour moi. Je souhaite que cette histoire mette en lumière le rôle des porteuses, trop souvent méconnu. Au Canada, tout est fait de manière humaine et éthique. Les femmes sont évaluées sur leur stabilité, leur santé et leur motivation. C’est une expérience magnifique, qui permet à des parents de devenir une famille. Et je suis reconnaissante maintenant de pouvoir faire partie de la leur.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
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		<title>Benjamin : “Je voulais que mon sperme puisse servir aux lesbiennes”</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/temoignage-benjamin-don-de-gametes/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 17 Aug 2025 09:42:11 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Cecos]]></category>
		<category><![CDATA[Don]]></category>
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		<category><![CDATA[PMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peux-tu te présenter en quelques mots ? Je m’appelle Benjamin, j’ai 39 ans, je vis à Aubervilliers et je bosse dans la communication pour une association. Comment as-tu été sensibilisé au don de gamètes ? Je n’ai pas d’enfants et je n’en veux pas. Mais cela faisait un bout de temps que je me posais [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Peux-tu te présenter en quelques mots ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’appelle Benjamin, j’ai 39 ans, je vis à Aubervilliers et je bosse dans la communication pour une association.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment as-tu été sensibilisé au don de gamètes ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’ai pas d’enfants et je n’en veux pas. Mais cela faisait un bout de temps que je me posais la question du don de sperme, mais les dons étaient réservés aux couples hétéros. En 2021 dès que la loi a changé, j’ai donné mes gamètes au CECOS* de Cochin car je savais que mon sperme pouvait servir aux lesbiennes. En tant que pédé, je ne voulais pas que ça soit utile aux seuls couples hétéros.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Peux-tu nous raconter cette expérience ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Après une prise de contact par mail avec le CECOS de Cochin, il y a plusieurs rendez-vous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">La première fois, j’ai vu une psychologue et une médecin pour expliquer la démarche. Le personnel du CECOS était très gentil. Je sais que parfois dans les hôpitaux c’est un peu compliqué, mais là tout le monde était très sympa, (c’était que des femmes !).</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ensuite, il y a eu un rendez-vous de premier prélèvement afin de réaliser un spermogramme et vérifier la qualité du sperme. Il y a aussi une prise de sang à faire pour vérifier d’éventuelles maladies et IST, et regarder s’il y a le bon nombre de chromosomes au niveau des gènes. J’ai eu un long rendez-vous avec une généticienne qui m’a posé plein de questions sur la vie et la famille : il y a des facteurs qui sont bloquants, notamment certains cancers et la dépression.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour finir, j’ai fait 3 autres rendez-vous de recueil, qui durent chacun 30 minutes maximum. Le temps d’y aller, de s’inscrire et de “faire les choses” : se masturber dans un tube en plastique dans une salle d’hôpital. Clairement, ce n’est pas du tout agréable. Il y a un banc avec une protection en papier dessus et des films porno qui sont tous hétéros sur un petit ordinateur mis à disposition.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au CECOS de Cochin, une fois que tout est “validé” administrativement, on choisit les moments qui nous arrangent pour venir en fonction de ses disponibilités. Il n’y a pas de délai imposé entre chaque rendez-vous de recueil et ils peuvent s’étaler sur plusieurs mois. Seul impératif : ne pas avoir éjaculé 4 jours avant pour qu’il y ait la quantité suffisante et réaliser le nombre de “paillettes” nécessaire. Il est prévu entre 3 et 5 recueils, j’en ai fait 4.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui peut donner ? Et sais-tu s’il y a des besoins particuliers dans les CECOS ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, je sais que c’est très genré. Les mecs donnent moins &#8211; 3 fois plus de femmes qui donnent leur gamètes &#8211; alors que notre don est physiquement plus facile : il n&rsquo;y a pas de prise d’hormones, le prélèvement est indolore.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je sais aussi qu’il y a des besoins particuliers car ils font en sorte que le donneur ressemble le plus au deuxième parent potentiel. Il y a des tentatives pour se rapprocher des caractéristiques physiques (origines ethniques, couleurs des yeux et des cheveux) afin de reproduire la “filiation naturelle”. C’est particulièrement le cas pour les couples racisés. Il n’y a en effet pas assez de personnes racisées qui font des dons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est ce qui m’a surpris dès le premier rendez-vous : pour moi, élever un enfant ce n’est pas transmettre un patrimoine génétique, c’est transmettre des valeurs. Avec mon regard qui est celui de quelqu’un qui n’a pas d’enfant, cette tentative de reproduire les caractéristiques physiques est bizarre, d’autant plus quand c’est un couple de femmes ou une femme seule.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est-ce que le changement de régime d’anonymat a eu comme impact pour toi et ta décision ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai commencé la procédure justement dans cet entre-deux, pendant ce régime transitoire, avant la promulgation du décret de la loi de 2021. J’en ai parlé longuement autour de moi, et notamment avec mon copain qui n’a pas connu son père. J’ai compris à quel point ça peut être important de connaître la personne, donc j’ai consenti. Le changement du régime d’anonymat n’a pas changé ma décision.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce sont des informations non identifiantes qui sont données, pas mes coordonnées directes. On nous explique qu’on n’est pas obligé de donner signe de vie. Je me dis que je verrai bien au moment voulu si la situation a lieu. Si cette personne a envie qu’on se rencontre, je sais que ce sera en fonction de mon énergie du moment. Je ne dois à personne d’échanger et d’entrer en contact avec moi !</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’est ce que ce don de gamètes a changé pour toi ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’en ai parlé beaucoup autour de moi, notamment à cause de ce déséquilibre entre donneurs et donneuses, pour démystifier le truc : ce n’est qu’un don de gamètes. Personnellement, c’est une fois dans ma vie et ça ne change absolument rien. J’ai permis à des personnes qui avaient un projet de famille de le réaliser et d’être heureux. Ça ne m&rsquo;a rien coûté à part un peu de temps.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un dernier mot ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’adresse aux personnes qui peuvent donner (les hommes qui ont entre 18 et 45 ans)&nbsp; : on va à l’hôpital, avec du personnel médical, plutôt sympas et contents de faire le travail qu’ils font et ça se passe bien. Au final, ça ne prend que peu de temps, ce ne sont pas de grosses démarches, ça ne coûte rien, donc si vous avez un peu de temps, faites-le !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">*<em>CECOS = Centres d&rsquo;Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains</em><br><em>Pour aller plus loin, <a href="https://www.passeportsante.net/fr/grossesse/Fiche.aspx?doc=don-sperme#comment-se-deroule-le-don-de-sperme-">cet article sur Passeport Santé</a> explique bien la démarche de don.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/temoignage-benjamin-don-de-gametes/">Benjamin : “Je voulais que mon sperme puisse servir aux lesbiennes”</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
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