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	<title>Archives des Famille.s - Collectif Famille.s</title>
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	<description>Parentalités LGBTQIA+</description>
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	<title>Archives des Famille.s - Collectif Famille.s</title>
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		<title>Cléo : “Montrer dans les écoles et dès le plus jeune âge qu’il n’y a pas de normes en matière de famille.s”</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/temoignage-cleo-sensibilisation-ecole/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Sun, 25 Jan 2026 21:30:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peux-tu te présenter ? Je m&#8217;appelle Cléo et je suis adhérente au Collectif Famille.s depuis 2020 et bénévole depuis 2023. Je suis en couple avec Clémentine et nous avons un petit garçon de cinq ans. Mon métier est enseignante en sciences médico-sociales depuis dix ans dans un lycée de Lyon en filières technologiques (ST2S). Qu&#8217;est [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Peux-tu te présenter ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m&rsquo;appelle Cléo et je suis adhérente au Collectif Famille.s depuis 2020 et bénévole depuis 2023. Je suis en couple avec Clémentine et nous avons un petit garçon de cinq ans. Mon métier est enseignante en sciences médico-sociales depuis dix ans dans un lycée de Lyon en filières technologiques (ST2S).</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu&rsquo;est ce qui t&rsquo;a amenée à vouloir agir dans les écoles sur le thème de la diversité des familles ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis enseignante et donc c’est dans mon ADN d’apporter des moyens pour parler de différents sujets dans les écoles. Avec la naissance de notre fils, puis son entrée en maternelle, je souhaitais parler de son histoire et de son schéma familial dans sa classe.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Cette année, comme son école travaille sur le sujet des familles, de la maison et, plus généralement, de l’environnement qui entoure l’enfant, il me semblait pertinent de proposer la sensibilisation à la diversité des familles initiée par le Collectif Famille.s. Une fois le dossier pédagogique et la séance présentés à la directrice, c’est elle qui est rapidement revenue vers moi pour déployer cela dans le plus de classes possibles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les enfants présentent en effet de plus en plus différents schémas familiaux. Il est donc intéressant de montrer dès le plus jeune âge qu’il n’y a pas de normes en matière de famille.s, mais plutôt de montrer leurs points communs. Dans la classe de mon fils, s’il y a une famille transparentale et deux familles homoparentales, c’est finalement les enfants vivant dans des familles recomposées qui avait le plus besoin de prendre la parole et de nommer les membres de leur famille.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel est le format de cet atelier avec les enfants de maternelle ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">L’atelier proposé par Marion, enseignante et bénévole au Collectif Famille.s, consiste en un temps de lecture du livre <em>Familles</em>, un album de Georgette. Puis nous prenons le temps d&rsquo;expliquer les différents schémas familiaux présentés dans ce livre. Ensuite, c’est un moment de parole libre avec les élèves qui permet de voir qu’il y a encore d’autres schémas familiaux qui ne sont pas dans le livre. Avec la directrice, comme nous avions décidé de laisser une trace de cet atelier, nous avons terminé avec un atelier de dessins pour que chacun dessine sa famille. Ceux-ci ont été présentés à la classe, puis aux parents lors d’un affichage. Cela a permis aux familles de se rendre compte par elle-même de la diversité des familles présentes et aussi de se voir représenté.es par leur enfant.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel a été l’accueil de l’atelier par l’école ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">La directrice et les enseignant.es ont été très favorables et je me suis dis qu’on avait une chance de folie d’avoir une école géniale, représentant et prônant les valeurs de l’école publique et laïque. Du coup, dès le début d’année, le travail de réflexion a commencé avec les enseignant.e.s des différents niveaux. Nous avons commencé avec les grandes sections et nous allons enchaîner avec les moyennes sections, qui commencent à acquérir la représentation du bonhomme pour le dessin. Pour les petites sections, nous utiliserons des Lego qui seront pris en photo pour présenter les familles.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Côté parents, pour l’instant, je n’ai eu aucune mauvaise réaction. Ils ont été prévenus en amont par un mail, comme pour un cours de sport ou une sortie au cinéma, “Mme X ou M. X va venir présenter la diversité des familles”. Ce n’est pas du tout présenté comme une présentation des familles LGBTQIA+, car ce n’est pas cela l’enjeu. Le contenu répond à des objectifs pédagogiques sur les familles. C’est aussi très utile pour l’enseignant.e d’avoir le vocabulaire adapté et des outils à mettre en place pour adapter sa façon de parler et de répondre aux questions des enfants. Par exemple, en plus de l’album <em>Familles</em> présenté, nous parlons d’autres albums jeunesse comme <em>Camille veut une nouvelle famille</em>, ou encore le <em>jeu de 7 Familles de Camille</em> qui leur permet par la suite de continuer à aborder ces notions.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qu’as-tu observé lors des premiers d&rsquo;ateliers de sensibilisation ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, c’était un peu stressant pour moi car j’ai vraiment l&rsquo;habitude de plus grands. Je me suis posée la question de savoir si les enfants allaient prendre la parole et réagir. Mais j’ai découvert les échanges avec des petits, leur candeur, la volonté et le plaisir de parler de leur famille. J’ai aussi aimé observer le plaisir des parents le lendemain lorsqu’ils ont découvert comment ils et elles avaient été <a href="http://xn--reprsent-e1ae.es">représenté.es</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un moment vraiment riche et très intéressant qui permet aux enfants de mettre des noms sur des membres de la famille : nommer une belle-mère, un beau-père, un demi frère ou une sœur issu.e d’un remariage, etc. C’est aussi la possibilité pour l&rsquo;enseignant.e de mettre le doigt sur des situations non connues auparavant, de repérer des éléments ou des situations problématiques.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Est-ce que d&rsquo;autres structures que le Collectif Famille.s se sont déjà attelées à la tâche pour de si petits enfants ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je n’en ai pas connaissance. Nous recevons des documents du ministère de l’Éducation nationale pour lutter contre l’homophobie, la transphobie et toutes autres sortes de harcèlement, mais pas de séance comme celle proposée par le Collectif sous le prisme des schémas familiaux. L’avantage dans des classes de maternelle, c’est qu’il y a très peu de racisme, pas d’homophobie, aucune arrière-pensée. La parole des petits est directe et on explique.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense néanmoins que nos enfants seront peut-être victimes d’homophobie à un moment donné. Il me semblait donc important de les préparer, de nommer les schémas de familles en amont. Il faut que des enfants qui arrivent en primaire aient capté la richesse de chacun.e ! L’école primaire est déjà l’espace où des idées préconçues et des influences de la part de l’entourage existent (homophobie, racisme).</p>



<h2 class="wp-block-heading">Selon toi, comment peut-on chercher des parents alliés ? Comment leur faire prendre conscience des différents schémas familiaux ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je pense que l’étape d’exposition des dessins des familles le lendemain matin est très intéressante et importante. Cela permet aux parents de voir la diversité des familles, de refléter une réalité. Chaque classe a aussi un blog où l’enseignant présente le Collectif avec des photos de l’intervention auprès des élèves, ce qui permet à certains de peut-être nous rejoindre par la suite. Je pense que les Journées en Famille.s, organisées en région, sont aussi très pertinentes pour sensibiliser des allié.es.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un dernier mot ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une expérience incroyable et très enrichissante. Au début, j’y suis allée en me disant qu’on allait permettre à nos enfants, vivant dans des familles queer, de pouvoir exprimer leur différence, et étonnement : ce n’est pas elles et eux qui ont besoin de parler de leur famille. Dans leur classe, ils et elles font partie intégrante de la diversité des familles ! Planter des graines dès la maternelle, on ne le faisait pas il y a 5 ou 6 ans. Et maintenant, nous bénéficions de questionnaires inclusifs (avec parent 1 / parent 2, ou deux fois pères / deux fois mères). J’encourage donc les bénévoles du Collectif Famille.s à aller dans les classes !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour aller plus loin : </p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour les enseignant·es, retrouvez tous les contenus clé en main dans nos ressources.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



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		<title>Lou et Elena : notre bébé née grâce à un don d’embryon en Espagne</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/pma-don-dembryon-espagne/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Dec 2025 13:05:19 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ? Je m’appelle Elena, j&#8217;ai 30 ans et je suis la maman d’Aimée qui a 8 mois. Nous sommes mariées depuis 2021, mais nous nous connaissons depuis très longtemps puisqu’on sortait ensemble déjà au lycée ! Nous habitons à côté d’Arcachon. Je m’appelle Lou, j’ai 29 ans et je [&#8230;]</p>
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<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’appelle Elena, j&rsquo;ai 30 ans et je suis la maman d’Aimée qui a 8 mois. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes mariées depuis 2021, mais nous nous connaissons depuis très longtemps puisqu’on sortait ensemble déjà au lycée ! Nous habitons à côté d’Arcachon.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je m’appelle Lou, j’ai 29 ans et je suis aussi la maman d’Aimée, que nous avons eu suite à un parcours de PMA en France, puis ensuite à l’étranger. Je suis en congé parental.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous initié ce parcours pour faire famille ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons commencé par un parcours de PMA en France, assez classique au CECOS* de Bordeaux. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous étions toutes les deux jeunes, il n’y avait pas de difficultés médicales connues dans notre dossier, nous avons donc bénéficié d’inséminations avec donneur (IAD). </p>



<p class="wp-block-paragraph">Malheureusement, nous avons enchaîné plusieurs grossesses arrêtées avant d’arriver à terme, puis des échecs de FIV. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’était très difficile pour nous.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment avez-vous connu le don d’embryon ? De quoi s’agit-il exactement ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la foulée de ces multiples échecs, un couple d’amies lesbiennes nous a parlé de leur parcours : elles sont allées en Espagne dans une clinique pour un parcours d’adoption d’embryon. Ce sont donc elles qui nous ont introduites à cette méthode inconnue pour nous.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On parle généralement d’adoption d&#8217;embryon au sens large. Nous avons bénéficié d’un don d’embryon pour accueillir un embryon. L’adoption renferme le don-l’accueil-l’adoption d’embryon, c’est la même chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans cette clinique, il s&rsquo;agissait majoritairement de doubles dons, mais ça peut aussi être tout à fait un embryon issu d&rsquo;un traitement entre une donneuse et un patient ou même deux patients ; donc un couple, ou une femme seule, qui a terminé son parcours de conception, qui ne veut pas d’autre grossesse, qui a des embryons récents en stock et qui décide d’en faire don.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une technique qui reste peu, voire pas, conseillée dans les cliniques espagnoles car elle est moins lucrative…. La première clinique que nous avions contactée en Espagne nous a découragé de choisir cette méthode. En effet, les cliniques essaient davantage de diriger les personnes vers le double don, qui est plus avantageux financièrement pour elles.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment cela s’est donc passé pour vous ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons opté pour la même clinique que nos amies, avec un médecin très partant pour cette méthode-là. Une fois la décision prise, la suite a été plutôt rapide. En mars 2024, nous avons échangé une première fois sur l&rsquo;adoption d’embryon, sur la manière de sélectionner les embryons et le protocole de transfert. Nous étions sur liste d&rsquo;attente, plutôt courte, le temps de sélectionner les embryons.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Trois mois plus tard, au mois de juin, nous avons reçu un appel du médecin : un don d’embryons correspondait à nos critères. Nous n’avions pas donné de critères physiques (rapprochement de nos phénotypes), en revanche, nous voulions des embryons de donneur et donneuse avec une fertilité prouvée (c’est-à-dire qui ont déjà des enfants nés vivants).</p>



<p class="wp-block-paragraph">En juillet, nous avons fait le transfert d’un de ces embryons : c’était Aimée, qui est née en mars 2025.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quelles différences avez-vous identifiées entre la France et l’Espagne ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En France, le diagnostic pré-implantatoire (DPI) n’est pas autorisé pour tous les embryons. C’est une biopsie de l’embryon qui est réalisée uniquement en cas d’anomalie décelée sur les caryotypes. En l&rsquo;occurrence, mon caryotype était normal, et celui du donneur également car c’est une des conditions pour pouvoir donner. Dans notre cas, nous n’étions donc pas en mesure de savoir (et nous ne saurons jamais) pourquoi les grossesses suite aux IAD se sont arrêtées. Il est possible que cela vienne du donneur ou bien de la faute à pas de chance.&nbsp; C’est pourquoi nous nous sommes dirigées vers l’étranger.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En Espagne, même s’il y a deux caryotypes normaux, on peut faire ce diagnostic pré-implantatoire (DPI) sur les embryons. On sait donc qu’on va implanter un embryon qui génétiquement a le bon nombre de chromosomes, ce qui réduit déjà énormément le risque d’arrêts de grossesse qui découlent en majorité d’“accidents chromosomiques” au moment de la division cellulaire, même avec des caryotypes normaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En France, c’est une réalité : les dons de sperme sont moins qualitatifs. Alors qu’en Espagne, les dons sont rémunérés, donc il y a beaucoup plus de donneurs. En France, il y a même moins de donneurs que de donneuses, donc peu de tri des gamètes mâles. On le voit dans le compte-rendu des inséminations dans lesquelles il est écrit qu’il y a peu de mobilité des spermatozoïdes, ou peu de spermatozoïdes : des dons sont acceptés en France avec des spermogrammes qui ne seraient même pas acceptés à l’étranger.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Savez-vous quel est le régime d’anonymat pour les personnes qui ont donné ? Et quel est votre rapport à l’anonymat ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Espagne, c’est le régime de l’anonymat complet des donneurs et donneuses. C’est le même régime qui s’applique pour les accueils d’embryon. C’est un point qu’on avait déjà discuté avec un biologiste en France quand j’ai donné mes ovocytes avant même de débuter notre parcours PMA. C’était avant l’entrée en vigueur du décret d’application de la loi bioéthique de 2021. Pour ce biologiste, seule une très faible partie des personnes nées de don de gamètes font la demande d’accès aux origines. Donc cette levée de l’anonymat des dons de gamète était pour lui un faux sujet. Pour nous aussi, le sujet était clair : l&rsquo;important pour les enfants, c’est de connaître leur histoire, comment iel sont arrivé⸱es, et non pas l’identité d’une personne qui ne fait pas partie de leur vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes extrêmement reconnaissantes de ces multiples dons. C’est toute une chaîne de générosité : une donneuse, un donneur, un couple ou une femme seule qui décide de donner ses embryons récents.&nbsp;Mais pour nous, ces personnes restent des donneurs et donneuses. Comme moi qui ai donné mes ovocytes, je ne me considère pas partie prenante d’un projet d’enfant de quelqu’un d’autre. Ce sont des personnes qui nous ont donné un coup de pouce pour fonder une famille et c’est le plus beau des cadeaux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On n’a pas de problème avec cet anonymat car on a prévu d’être extrêmement transparentes avec Aimée. Et on le fait déjà, elle a déjà entendu cette histoire plein de fois, notamment par des livres sur comment elle est arrivée. L’important pour un enfant, c’est de savoir qu’elle est arrivée dans l’amour et qu&rsquo;on l’a attendue. Je ne suis vraiment pas sûre de l’importance de mettre un nom sur un donneur, d’autant plus que le régime de non-anonymat en France prévoit qu’à sa majorité, l’enfant peut obtenir les données identifiantes des donneurs : nom, prénom, genre, date et lieu de naissance, et c’est tout.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Qu’est ce que ce double don de gamètes a changé pour vous ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous n’avons jamais accordé d’importance à transmettre notre patrimoine génétique. Je pense que si on avait eu connaissance de cette méthode dès le début de notre parcours, c’est possible qu’on l’ait choisi plutôt qu’une autre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous étions arrivées à un moment de notre parcours où, moi qui ai porté notre fille, je n’avais plus confiance dans mon corps. De mon côté, ça m&rsquo;a donc déchargé d’une responsabilité : ce n’était plus ma génétique qui entrait en jeu et on repartait sur de bonnes bases. Nous savions que ces embryons-là donnaient des bébés et pour nous, c’était ça l’important.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons eu toutes les deux la même émotion quand Aimée quand elle est née, quand on l’a rencontrée, ça a été notre fille tout de suite. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est elle qu&rsquo;on attendait. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Cela est un grand cheminement, plein de décisions et de coups du destin qui nous ont fait arriver jusqu’à elle. C’est la méthode qui nous fallait.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Que dites-vous à des personnes qui pourraient avoir besoin d’un don ou d’un double don de gamètes et qui ne connaissent pas du tout le don d’embryon ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C’est un cheminement très personnel de renoncer à la transmission de son patrimoine génétique. Je pense que pour certaines personnes ce n’est pas un sujet dès le départ et que pour d’autres ça prend du temps. C’est quelque chose qui ne se commande pas vraiment.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si la question se pose pour des raisons médicales, ce qui peut aider, c’est de se renseigner beaucoup sur l’épigénétique. Également lire beaucoup de témoignages de parents d&rsquo;enfants nés de dons de gamètes. Car en pratique, on se rend compte que la transmission génétique est une toute petite partie de la personnalité et des traits physiques d’un être humain. Avec l’épigénétique, très souvent, les enfants ressemblent à leurs parents alors même qu’il n’y a aucun patrimoine génétique commun, que ce soit physiquement ou dans les attitudes.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans notre quotidien, ne pas partager un patrimoine génétique, ça ne change rien du tout. Les gens nous disent tout le temps qu’elle nous ressemble, les gens ne se posent pas la question alors qu’elle est blonde aux yeux bleus et qu’on est toutes les deux brunes aux yeux marrons.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Un dernier mot ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est une méthode qui n’est donc pas très présentée par les cliniques à l’étranger pour des raisons financières, mais nous pensons vraiment que c’est une super technique. Ce sont des embryons qui existent déjà, ce sont des couples de gamètes qui donnent des bébés en bonne santé. Je pense que lorsqu’on a eu un parcours d&rsquo;arrêt de grossesse c’est hyper précieux de pouvoir faire le DPI, qui donne une grande sérénité pendant le premier trimestre.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est une méthode qui ressemble à une insémination sur le principe, mais à la place de placer des paillettes, c’est un embryon tout beau tout prêt. En France, cette méthode est très très restrictive et il y a une très longue attente.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Comment avez-vous connu le Collectif Famille⸱s?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous nous sommes beaucoup appuyées sur le travail et les ressources du Collectif Famille⸱s dès sa création. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Comme nous n’étions pas encore mamans, c’était trop douloureux, nous nous sentions pas à notre place. Par notre parcours difficile, nous avions du mal à être confrontées aux familles déjà créées et aux bébés, même dans la vie de tous les jours. Nous étions adhérentes, mais sans venir aux événements. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est depuis la naissance d’Aimée qu’on a eu ce besoin de rencontrer ces familles qui ressemblent à la nôtre, surtout Elena d’ailleurs. On a aucune famille homoparentale autour de nous, c’est pourquoi nous avons plus besoin de se retrouver en communauté. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons participé à notre première Journée en Famille⸱s, à Bordeaux. C’était vraiment très chouette, on a même échangé des numéros pour faire des sorties à Bordeaux ensemble. Et puis nous avons prévu de venir au Family Pride Festival 2026 et de faire du bénévolat pour et au sein du Collectif !</p>



<p class="wp-block-paragraph">*<em>CECOS = Centres d&rsquo;Etude et de Conservation des Œufs et du Sperme humains</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
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		<title>EMMA, trois fois donneuse d&#8217;ovocytes au Canada (français &#038; anglais)</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/emma-trois-fois-donneuse-dovocytes-au-canada-francais-anglais/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 03 Nov 2025 14:16:24 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>L’entretien a été traduit de l’anglais. Version française &#8211; Version anglaise Emma : trois fois donneuse d&#8217;ovocytes au canada « Donner son sang, c&#8217;est sauver la vie d&#8217;une personne. Donner ses ovocytes, c&#8217;est changer la vie d&#8217;une personne. » Qui es-tu et peux-tu nous dire ce qui t’a amenée à devenir donneuse d&#8217;ovocytes ? Je m&#8217;appelle Emma, [&#8230;]</p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/emma-trois-fois-donneuse-dovocytes-au-canada-francais-anglais/">EMMA, trois fois donneuse d&rsquo;ovocytes au Canada (français &amp; anglais)</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph"><em>L’entretien a été traduit de l’anglais.</em></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em><a href="#francais">Version française</a></em> &#8211; <em><a href="#anglais">Version anglaise</a></em></p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="francais">Emma : trois fois donneuse d&rsquo;ovocytes au canada</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">« Donner son sang, c&rsquo;est sauver la vie d&rsquo;une personne. Donner ses ovocytes, c&rsquo;est changer la vie d&rsquo;une personne. »</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Qui es-tu et peux-tu nous dire ce qui t’a amenée à devenir donneuse d&rsquo;ovocytes ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je m&rsquo;appelle Emma, j&rsquo;ai 30 ans et je viens d&rsquo;Ottawa, en Ontario, au Canada.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Au départ, je me suis lancée dans le don d&rsquo;ovocytes parce que ma mère était femme porteuse. Elle s&rsquo;est lancée dans ce domaine et m&rsquo;a permis de savoir que c’était possible. Je crois que j&rsquo;avais 20 ans la première fois que j&rsquo;ai donné mes ovocytes, et depuis, je l&rsquo;ai fait trois fois au total. Aujourd’hui, j&rsquo;ai un partenaire, nous sommes ensemble depuis un an maintenant. Mais au moment où j&rsquo;ai fait mon premier don, j&rsquo;étais célibataire.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma mère m&rsquo;a simplement ouvert les yeux sur le fait qu&rsquo;il y avait des gens qui en avaient vraiment besoin, qu’une jeune femme pouvait se porter volontaire pour faire ce don et qu’ainsi, ils pourraient eux aussi fonder une famille. J&rsquo;ai trouvé cela très stimulant et je me suis inscrite immédiatement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Que signifie pour toi le don d&rsquo;ovocytes, tant sur le plan pratique qu’émotionnel ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis donneuse d&rsquo;organes enregistrée et j&rsquo;ai donné mon sang. Le don, c’est donc quelque chose de naturel pour moi. Je pense que tout le monde mérite d&rsquo;avoir une famille, donc si je peux aider quelqu&rsquo;un à y parvenir, c&rsquo;est vraiment une belle chose.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Sur le plan émotionnel, c&rsquo;est merveilleux de pouvoir voir l&rsquo;enfant grandir. Guillaume et Julien m&rsquo;envoient régulièrement des nouvelles. Cela me réchauffe le cœur de voir cette petite famille grandir ensemble.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Les deux premières fois où j&rsquo;ai fait un don, c&rsquo;était de manière anonyme. Je n&rsquo;ai donc malheureusement aucune information ni aucune nouvelle, mais cela ne me dérange pas. Je l&rsquo;ai fait pour donner à des gens la possibilité d&rsquo;avoir une famille, pas pour des raisons personnelles. C&rsquo;était leur choix et je le respecte totalement. Mais je suis ouverte à l&rsquo;idée que l&rsquo;enfant veuille me rencontrer lorsqu&rsquo;il aura 18 ans.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment s&rsquo;est déroulé le processus de don, depuis ta décision initiale jusqu&rsquo;à la procédure proprement dite ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;était intéressant, car il faut d&rsquo;abord passer un examen médical général, avec des tests et de nombreuses analyses sanguines. C&rsquo;est pour vérifier que vous êtes apte, que vous n&rsquo;avez pas de problèmes cardiaques ou autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le processus proprement dit, le prélèvement des ovules, est assez intense, pour être honnête. Il faut subir de nombreuses piqûres et prendre beaucoup de médicaments. C&rsquo;est assez douloureux et cela a des répercussions sur votre corps. Il faut compter deux semaines entre le début du processus et le prélèvement. C&rsquo;est exigeant pour un don.</p>



<p class="wp-block-paragraph">En fait, j&rsquo;ai peur des aiguilles, je déteste ça ! Comme je l&rsquo;ai dit, je donne aussi mon sang, même si j&rsquo;ai très peur des aiguilles, je le fais quand même. C&rsquo;est juste un petit moment où vous êtes mal à l&rsquo;aise. En donnant votre sang, vous pouvez sauver la vie de quelqu&rsquo;un, et en donnant vos ovules, vous pouvez changer la vie de quelqu&rsquo;un. Je pense donc que cela en vaut la peine au final. Mais cela peut certainement être intimidant pour quelqu&rsquo;un qui a peur des aiguilles ou des procédures médicales.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment tes amis et ta famille ont réagi à ton choix ? As-tu reçu du soutien, des critiques ou des questions curieuses ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Honnêtement, je n&rsquo;ai reçu que du soutien et de l&rsquo;admiration, en particulier de la part de mes amis du même âge. « Waouh, je n&rsquo;arrive pas à croire que tu aies fait ça, c&rsquo;est trop cool. » Quant à ma famille, tout le monde m&rsquo;a beaucoup soutenue. Mes amis ont évidemment beaucoup de questions, comme « ça veut dire que tu es la mère de l&rsquo;enfant ? ». C&rsquo;était plutôt sain de pouvoir aborder ce sujet afin que les gens comprennent mieux comment fonctionne ce process avec femme porteuse et don d&rsquo;ovocytes. Cela permet de briser certains préjugés liés à ce sujet et a permis d&rsquo;ouvrir le dialogue avec des personnes qui n&rsquo;auraient probablement jamais eu ce genre de conversation autrement.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Y a-t-il quelque chose que tu aimerais dire aux personnes qui s&rsquo;intéressent au don d&rsquo;ovocytes ou qui envisagent de le faire elles-mêmes ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je dirais que cela a été une expérience très enrichissante, tant pour les dons anonymes que pour les dons non anonymes. </p>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est extrêmement gratifiant de savoir que vous avez un impact sur la vie de quelqu&rsquo;un, même si vous ne le connaissez pas et qu&rsquo;il ne vous connaît pas. Je pense que cela en vaut vraiment la peine. Mais ce n&rsquo;est pas quelque chose à faire à la légère car c’est un processus très intense, qui a des répercussions sur votre corps. Mais si vous êtes quelqu&rsquo;un qui souhaite le faire, n&rsquo;hésitez pas. C&rsquo;est une occasion unique dans une vie de vraiment changer la vie de quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel était ton rôle dans le processus vers la parentalité (femme porteuse) de Guillaume et Julien ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est pendant le don que nous avons commencé à discuter, puis nous sommes restés en contact par e-mail. L&rsquo;année dernière, je suis allée en France et j&rsquo;ai pu leur rendre visite et les rencontrer, ce qui a été une expérience formidable. Ma mère et ma sœur ont également pu les rencontrer. C&rsquo;était comme si deux familles se réunissaient. Je leur ai également rendu visite lorsqu&rsquo;ils sont venus au Canada, c&rsquo;était très sympa.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Un dernier mot ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Même dans le cadre d&rsquo;une famille traditionnelle, la situation peut être très complexe. Il existe de nombreuses structures familiales différentes, même si l&rsquo;on suit un parcours « normal ». L&rsquo;essentiel est d&rsquo;être ouvert et honnête avec les enfants dès le début. Il faut leur dire exactement qui est qui et comment ils sont venus au monde. Cela fera partie de leur quotidien. Je pense donc qu&rsquo;un don connu (non anonyme) est une excellente chose. Les enfants nés d&rsquo;une femme porteuse se posent des questions sur qui je suis et d&rsquo;où je viens. Il faut garder le dialogue ouvert dès le début afin que cela ne devienne pas un problème plus tard, lorsqu&rsquo;ils deviendront adolescents ou qu&rsquo;ils s&rsquo;affirmeront. Il vaut mieux les laisser poser des questions et y répondre. Laissez-les faire ce cheminement par eux-mêmes.</p>



<hr class="wp-block-separator has-alpha-channel-opacity"/>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading" id="anglais">Emma &#8211; three times as an egg donor in Canada</h2>



<blockquote class="wp-block-quote is-layout-flow wp-block-quote-is-layout-flow">
<p class="wp-block-paragraph">“In terms of blood donation you can save someone’s life, in terms of egg donation you can change someone’s life.”</p>
</blockquote>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Could you introduce yourself briefly and tell us what led you to become an egg donor?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">I am Emma, I am 30 years old and I am from Ottawa, Ottario, Canada.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I originally got involved in an egg donation, because my mother was a surrogate. She got into that area and let me know that there was a possibility.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I think I was 20 the first time I donated my eggs, and I have done it 3 times in total.</p>



<p class="wp-block-paragraph">She just kind of let me know that there were people that really needed it, a young woman to&nbsp; step up and do that donation for them so that they could have a family as well. I thought that that was super exciting and wanted to be a part of it. I signed up right away.</p>



<p class="wp-block-paragraph">(I have a partner, we have been together for a year now. At the time when I first donated I was just single then.)</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>What does donating your eggs mean to you — both practically and emotionally?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">I am a registered organ donor, I have donated my blood. It is kind of natural. Some people need this thing, I am not using it currently, so I can give that away.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I do… everyone deserves to have a family so if i can help somebody get there, that is a really beautiful thing.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Emotionally, it’s wonderful being able to watch the child growing up. Guillaume and Julien send me updates all the time. It really warms my heart just to see the little family growing together.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The first two times I donated were anonymous donations. So unfortunately, I don’t have any information or updates and those, which is also fine. That was their choice and I totally respect that. I am open if the child wants to meet me, when they turn 18. If not that&rsquo;s ok too. I did it to give the opportunity to people to have a family, not for my own kind of reasons.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>What was the donation process like, from your first decision to the actual procedure?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">It was interesting because first you do a general health check-up, like testing, a lot of blood work. To check that you are kind of qualified, that nothing hearts you or anything like that. That was fine.</p>



<p class="wp-block-paragraph">The actual process, the ovum harvesting, is quite intense to be honest. You have to get a lot of needles and medication. That is kind of painful and it takes a toll on your body. It just takes 2 weeks from the beginning of the process to the harvesty. That&rsquo;s good but it&rsquo;s definitely a lot for a donation.</p>



<p class="wp-block-paragraph">I am actually afraid of needles, I hate it. I think if you are the kind of person who can push through that fear, as I said I donate blood too, even though I am terrified of needles. I do it anyways. It’s a small blipping time&nbsp; when you are a little bit uncomfortable. In terms of blood donation you can save someone’s life, in term of egg donation you can change someone’s life. So I think it’s worth it in the end. But it can be intimidating for sure for someone who is scared of needles or medication procedures.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>How did your friends and family react to your choice? Did you receive support, criticism, or curious questions?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Honestly I receive nothing but support and admiration, especially from my friend my age. “wow i cant’ believe you have done that, it&rsquo;s so cool”. With my family, everyone was super supportive. My friends definitely have a lot of questions, like “does that mean you are the kid’s mom?”. It was kind of nice to be able to open up that conversation, so that and give people a better understanding of how surrogacy works and egg donation works. Kind of break down some stigmas attached to that industry. It really just opened the conversation for people who probably would never have had this kind of conversation otherwise.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Is there anything you’d like to say to people who are curious about egg donation, or who might be considering it themselves?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">I would say it’s been a very fulfilling experience, both the anonymous donations as well as the known donation. It’s extremely fulfilling to know that you have an impact on someone’s life even if you don’t know them and they don’t know you. I think it’s very worth it. It is not something to do lately. It can be a very intensive process, it does take a toll on your body. But if you are someone who wants to do that, definitely go for it. It’s kind of a once of a lifetime opportunity to really make a difference in someone else’s life. I think that’s incredible.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>What was your place in surrogacy with Guillaume and Julien ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">CIt was during the donation that we started to be in contact and chat and we’ve been in touch by email. Actually last year I went to France and I was able to visit with them and meet them which was a super handsome experience. My mum got to meet them as well and my sister. That was like bringing two families together. And I also visited them when they came to Canada, it’s very fun.</p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Last word ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Even with normal family making, there can be a lot of complexity, there is a lot of different family structure that you can have even if you do things in a “normal” way. The main thing is to be open and honest with the children from the beginning. Tell them exactly who is who, and how they came to be born. That’s gonna be their normal. So I think a known donation is a great thing. The kids who are born in surrogacy have questions: who I am and where I come from. You keep the conversation open from the beginning so that it does not become a struggle down the road when they become teenagers or put themselves out. It’s best to be open and honest and let them ask questions and answer their questions. Let them take that journey for themselves.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
<p>L’article <a href="https://collectiffamilles.com/emma-trois-fois-donneuse-dovocytes-au-canada-francais-anglais/">EMMA, trois fois donneuse d&rsquo;ovocytes au Canada (français &amp; anglais)</a> est apparu en premier sur <a href="https://collectiffamilles.com">Collectif Famille.s</a>.</p>
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		<title>Johan ou naître dans une famille homoparentale dans les années 80</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/johan-ou-naitre-dans-une-famille-homoparentale-dans-les-annees-80/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 16 Jun 2025 10:07:57 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant.s]]></category>
		<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille]]></category>
		<category><![CDATA[Lesbianisme]]></category>
		<category><![CDATA[PMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Peux-tu présenter ta famille ? J’ai 40 ans, je suis marié et avec ma femme, nous avons une fille qui a 5 ans. J’ai grandi avec ma mère lesbienne et ses compagnes successives. Elle nous a quittés il y a vingt ans maintenant et aurait 70 ans aujourd’hui. Ma mère a d’abord vécu avec un [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading"><strong>Peux-tu présenter ta famille ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai 40 ans, je suis marié et avec ma femme, nous avons une fille qui a 5 ans.</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai grandi avec ma mère lesbienne et ses compagnes successives. Elle nous a quittés il y a vingt ans maintenant et aurait 70 ans aujourd’hui.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma mère a d’abord vécu avec un homme avec qui elle a eu un premier enfant. Elle a ensuite eu une relation avec une femme et son ex a obtenu la garde.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, avec sa compagne de l’époque, elle a eu le désir d’avoir un autre enfant. Sa compagne a donc recherché un donneur connu, pour des raisons génétiques et afin d’avoir ses informations ou une photo si l’enfant le demande. Mon père est ainsi un de leurs amis de l’époque. C’est d’abord la compagne de ma mère qui a essayé. Une fois la grossesse concluante, ma mère a eu un sursaut d’envie et a suivi le même “mode opératoire” : j’ai donc une grande sœur qui a 4 mois de plus que moi.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est d’ailleurs la première fois que je lis ce que j’ai vécu dans un article (celui de <em>Libération</em>) : naître sans assistance médicale à la suite d’une insémination sans le regard d’un médecin. On parle d’une insémination médicalement assistée mais là, plutôt qu’un médecin, c’est une copine qui “assiste”. Puis Il faut un donneur, une pipette. Ma mère m’a donc eu comme ça.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Puis, ça n’a pas beaucoup duré, ma mère et sa compagne se sont séparées. J’ai perdu contact au fur et à mesure avec ma grande sœur, quasi une jumelle en termes d’âge, car sa mère a coupé les ponts sur son passé lesbien. J’ai le souvenir malgré tout d’une famille soudée car mon père a essayé d&rsquo;être plus présent à partir de ce moment-là. Il n’a pas fait jouer ses droits, mais a obtenu de ma mère d’être plus présent même si ce n’est pas ce qu’elle avait en tête et qu’il avait consenti à être seulement un géniteur.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est ensuite parti vivre en Argentine quand j’avais 10 ans, je suis allé le voir tous les quatre ou cinq ans. Depuis que je suis adulte, il a fait l’effort de venir nous voir deux fois, à l’occasion de mon mariage et pour rencontrer sa petite-fille. Je considère que j’ai un père, mais il n’est pas une figure parentale non plus. Il avait du temps avec nous deux quand nous étions petits avec ma soeur. Puis, avec la très grande distance et l’absence des moyens de communication actuels, ce n’était pas facile de communiquer. La relation s’est faite à l’adolescence quand j’y allais et quand il venait.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est surtout ma mère qui m’a élevée avec ses différentes compagnes. Elle a eu une vie bien chargée et chacune d’elles m’a aidé à grandir et m’a apporté quelque chose d’intéressant. J’en ai au moins 4 en tête, une c’était l’informatique et l’autre le côté artistique. Et pour répondre aux clichés selon lesquels il aurait pu me manquer quelque chose de primordial : c’est mon oncle qui m’a appris à me raser !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment l’entourage de ta mère et celui de ton père ont accueilli ce schéma familial à l’époque ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai connu ma famille paternelle qui ne m’a jamais ignoré, malgré sa vision plutôt vieux jeu. Mon père était considéré comme un électron libre et cette forme de paternité a été prise comme une de ses lubies parmi d’autres.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Du côté de ma mère, il n’y a jamais eu de souci. Elle était l’aînée d’une famille de 7 et elle avait plutôt l’autorité pour imposer ses choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Quel a été le plus gros obstacle que tu as rencontré dans ta vie dans ce schéma familial extraordinaire pour l’époque ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai très mal vécu la <em>Manif pour tous.</em> Je vivais dans le XVIe et voir des drapeaux un papa-une maman c’était très difficile. J’ai donc découvert tardivement à ce moment là **que je faisais partie d’une minorité étant enfant d’une mère lesbienne.&nbsp; Or j‘avais jusque-là ressenti comme un avantage d’avoir été élevé dans un cadre familial stable avec une mère célibataire. C’est d’ailleurs ma cousine qui m’a, à l’époque, informé que ma mère était lesbienne, je n’avais même pas tilté plus jeune !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma mère qui était très “Dolto”, a vu que j’avais des maladies chroniques et croyait que je somatisais. Elle m’a donc expliqué plusieurs fois ma naissance, elle était persuadée que le corps traduisait des non-dits.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ma mère m’a tout de même beaucoup épargné. J’ai été étonné plus tard d’une réaction d’un pote, faisant partie des personnes qui ne pouvaient pas croire que je vivais bien les choses :&nbsp; il m’a dit que ce n’était pas possible que je sois heureux avec mon mode de vie.</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est donc aujourd’hui seulement et par le biais du vécu de ma fille qui a plus de grand-parents que les autres camarades de sa classe (et qui le vit très bien!) que je découvre cette structure de famille nombreuse.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Comment se passe ton quotidien aujourd&rsquo;hui dans ta famille ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ma fille connaît son arbre généalogique, même si l’histoire est encore plus compliquée (sinon ce serait pas drôle !). En effet, il y a trois ans, j’ai fait l’objet d’une adoption simple par ma marraine, une amie de ma mère du groupe de 10 copines lesbiennes. Ma fille a donc 2 grand-mères de plus !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour ma fille, je décris ma famille qui compte une demi-douzaine de grand-parents. Et ma femme qui est africaine lui parle aussi de la sienne car pour elle, les liens d’après sont aussi importants que les liens du sang.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A une époque, j’avais un peu tendance à préserver les gens. Maintenant, je n&rsquo;en ai rien à faire et depuis les manifestations, je suis beaucoup plus vindicatif. Je n’hésite plus à parler de ma famille, je n’ai plus envie de me cacher. C’est aux gens de s’adapter à mon modèle familial et pas l’inverse, d’autant plus que c’est moi aujourd’hui qui porte ce schéma là et non plus ma mère.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>As-tu des ressources et des conseils à donner à des enfants “grands” aujourd’hui qui sont dans cette situation ? Histoire de leur montrer qu’ils ne sont pas seuls et de les aider à se projeter ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">D’abord, j’ai eu la chance d’avoir des exemples car j’ai grandi dans ce groupe de copines de ma mère et donc avec des enfants de familles homoparentales. On a tendance à vouloir étouffer ou inhiber les gens sur le fait qu’on est une sorte d’anomalie, mais il faut se rassurer sur le fait qu’on n’est ni seuls ni les premiers. Cela fait quand même des années, ce n’est en rien quelque chose de nouveau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je voudrais dire à ces enfants là, ou adultes, que c’est une chance d’avoir été élevés avec beaucoup plus de référentiels. Chaque famille est différente, le modèle Ricoré un papa-une maman et deux enfants n’existe plus. Il vaut mieux arrêter de réfléchir en termes de genre, mais plutôt en termes de référentiels. LA personne peut nous apporter tout ce qui est nécessaire, que ce soit un homme ou une femme, il n’y a aucun manque.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd’hui, ma fille est métisse, on peut trouver des modèles de référence. On lit beaucoup les livres “Les femmes qui ont fait l’histoire”, et je regrette qu’il n’y ait pas encore de catégorie queer, ni de fille queer racisée dans cette collection. Il faut vraiment que la prochaine génération ait accès à ces histoires-là.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Moi j’ai comme référence De Niro qui avait un père homosexuel, et je me rends compte que je suis entouré de gens beaucoup moins inhibés, ne serait-ce que sexuellement. Et on n’est pas toustes devenus homosexuel·les !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading"><strong>Pour finir, quel message as-tu envie de transmettre à la société ? Que dirais-tu à ceux et celles qui veulent s’engager pour soutenir nos familles ?</strong></h2>



<p class="wp-block-paragraph">On reste quand même une minorité invisibilisée. C’est à la société de s’ouvrir au fait qu’il n’existe pas un seul modèle de famille. J’invite les personnes intéressées à essayer de lutter un petit peu pour nos familles car nous sommes entourés de gens de plus en plus réac’.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pour moi, la communication est la meilleure solution, il est possible de montrer aux gens qui ne veulent pas voir de bons exemples à quel point on peut vivre comme ça et être heureux.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je sens qu’il y a quand même une pression sociale de passer par le médecin pour procréer, qui doit décider si oui ou non ces personnes peuvent avoir des enfants, et j’aimerais bien que ce ne soit plus un tabou. Dire aux gens qu’il est possible d’utiliser une pipette pour concevoir un enfant est une libération importante. Je suis à nouveau étonné dans un sens très positif de l’avoir lu dans le témoignage de <em>Libération</em>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
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		<title>Paul, un daddy et deux mamans en coparentalité</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/paul-un-daddy-deux-mamans-en-coparentalite/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Tue, 27 May 2025 07:51:16 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille co-parentale]]></category>
		<category><![CDATA[PMA]]></category>
		<guid isPermaLink="false">https://collectiffamilles.com/?p=27361</guid>

					<description><![CDATA[<p>Les prénoms ont été modifiés. On emploie ici le mot copa, un terme courant dans les milieux queers, qui désigne la co-parentalité — c’est-à-dire le fait d’élever un ou des enfants à plusieurs, hors des schémas familiaux traditionnels. Peux-tu présenter ta famille ? Je suis en coparentalité : dans notre famille il y a deux [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<p class="wp-block-paragraph">L<em>es prénoms ont été modifiés.</em> </p>



<p class="wp-block-paragraph">On emploie ici le mot <em>copa</em>, un terme courant dans les milieux queers, qui désigne la <strong>co-parentalité</strong> — c’est-à-dire le fait d’élever un ou des enfants à plusieurs, hors des schémas familiaux traditionnels.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Peux-tu présenter ta famille ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis en coparentalité : dans notre famille il y a deux mamans et un papa ou un “daddy” car je suis néo-zélandais. Les enfants m&rsquo;appellent daddy ou dad avec l’accent français qui me fait rire. Nous avons deux enfants : une fille de 7 ans et demi et un fils de 4 ans et demi. Ils habitent chez leurs deux mères à Lyon et moi, j’habite à Paris. Je les vois environ toutes les 2 semaines, je vis tout près de la gare, comme cela c’est plus facile si je pars tôt ou reviens tard. Les enfants ont une chambre ici et toutes leurs affaires. Moi, j’ai aussi toutes mes affaires chez les mamans. Je débarque alors avec mon ordi pour télétravailler là-bas et rester au-delà des week-ends.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Parfois, j’ai les enfants tout seul, parfois je descends et une des mamans part en week-end, donc c’est moi et une des deux mamans qui nous occupons des enfants. Parfois on est toustes ensemble comme lors des grosses fêtes comme Noël ou Pâques. Ca se passe très bien dans nos familles respectives, je suis un peu comme le “beau fils” sans vraiment l’être, même si au début, tout le monde se demandait : “Comment ça va marcher ?”. Mais in fine, tout se passe super bien.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment s’est créée cette copa ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai rencontré Marie dans un cours de danse écossaise, j’avais 22 ans. On se voyait deux à trois fois par an lors de stages de danse. Je n’avais jamais imaginé avoir une famille avec elle. Puis, Marie m’a invité à son PACS. Un an après elle me contactait pour savoir si j’avais envie d&rsquo;être papa. Je ne m’y attendais pas du tout. Aujourd’hui j’ai 48 ans mais quand j’ai fait mon coming-out à 18 ans, dans ma tête c’était le scénario suivant : je ne peux pas me marier et je ne peux pas avoir d’enfant car je suis gay. J’étais honnête avec moi même et les autres, alors j’ai renoncé. C’était une envie, mais pas présente, un peu un rêve “Disneyland”, sachant que la GPA est compliquée, et que je n’ai pas de mec. Marie m’a demandé et à la base c’était très ouvert, soit je suis le père impliqué à fond, soit je donne mon sperme et je suis un peu comme un oncle. J’ai quasiment tout de suite dit que pour moi si je le faisais, je le ferai à 100%. On s’est vu.es pendant 6 mois et on a fait une charte pour évoquer toutes les questions de santé, d’éducation, de finance, de décès, de séparation. On a creusé beaucoup plus qu’un couple hétéro, c’était vraiment très réfléchi. Tout cela m’a fait un peu peur parce qu’avec le temps qui passait, je ne voyais pas de “red flag”: j’ai commencé à stresser car ça allait vraiment se faire !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Je me posais encore deux questions : en étant célibataire, est-ce que ça allait être plus compliqué pour moi de rencontrer quelqu’un en ayant des enfants. A l’époque, je vivais en plus en Allemagne, donc il fallait gérer la distance et les aller-retours. M’installer en France a été la solution qui allait à tout le monde, j’ai pu venir à Paris avec le même boulot, la même boîte. J’ai donc déménagé en France il y a trois ans, juste après le Covid et la fermeture des frontières, pour me rapprocher des enfants et vivre dans le même pays.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aujourd&rsquo;hui, entre Lyon et Paris, j’ai un peu l’impression d’avoir une double vie. C’est marrant : j’ai une vie de célibataire à Paris, je bosse et je suis dans des associations, et je rentre à Lyon comme un bon père de famille et ses deux femmes. C’est cela faire famille autrement !</p>



<p class="wp-block-paragraph">J’ai du mal avec les schémas hétéronormés avec lesquels on grandit. Les enfants me manquent parfois quand je pars, les départs sont parfois un peu durs, mais l’amour reste et les enfants vont super bien. Je doute parfois, mais en fait c’est OK. Le Collectif Famille.s, c’est le lieu idéal pour rencontrer d’autres familles. Il y a tellement de schémas différents, et ça donne la force de dire “c’est ça qui est bon pour moi”.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment ton entourage a accueilli ce projet de coparentalité ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Globalement, bien. Mon père a été plutôt étonné car ma soeur est hétéro et a un enfant, et moi je suis homo et j’en ai deux ! Il était super content, mais un peu secoué et il avait naturellement beaucoup de questions. Au boulot, je laisse ouvertes les réactions. Au final, je distingue 3 types de réactions : “Whaa, c’est super !”, “Aaah ok” sans détail, et la plupart trouve ce schéma tellement hors norme, que sans être négatifs ils posent des questions avec curiosité. J’explique souvent que c’est comme un couple divorcé, mais sans l’histoire négative derrière.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Y a-t-il eu un moment clé ou un tournant important qui a marqué votre façon de faire famille ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">On a beaucoup recherché ce qu’on pouvait faire pour la mère sociale. En effet, en France, on ne peut pas avoir plus de deux parents sur l’acte d&rsquo;état civil. Je suis le père des deux enfants et chacune d&rsquo;entre elles a porté un enfant et a le statut de mère sociale pour l’autre enfant. Dans le quotidien, ça se passe super bien. A l’école, tout le monde est au courant et donc c’est l’un de nous trois indifféremment quand l’école a besoin de bénévoles qu’il faut aller chercher les enfants. Idem chez la médecin. Mais nous voulions donner le maximum de droits pour la mère sociale s’il arrivait quelque chose de grave.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a un an et demi, nous avons donc fait une demande de délégation de l’autorité parentale, devant le juge aux affaires familiales. Nous avons ainsi été convoqué.es au tribunal pour une audience devant le juge. Cette journée était spéciale, nous étions toustes les trois, convoqué.es à la même heure que toutes les autres familles. L’ambiance était horrible. Nous étions au milieu de familles avec des cas tristes et compliquées ou de situation de violence. Notre cas était atypique. Pour nous l’audience a a duré 5 minutes, avec seulement quelques questions et on a même vu des sourires tellement ce n’était pas quelque chose d’habituel.</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a obtenu les papiers, mais la délégation d’autorité parentale est la seule chose que l’on peut faire. On veut vraiment partager cette démarche car cela peut aider d’autres gens. En revanche, je ne sais pas à quel point cela marcherait avec 4 parents par exemple.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>As-tu des ressources et des conseils à donner pour des parents qui souhaitent se lancer dans une coparentalité ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le Collectif Famille.s et le Family Pride Festival, auquel j&rsquo;ai participé avec les enfants à Montpellier !</p>



<p class="wp-block-paragraph">C’est comme ça qu’il faut commencer, il faut parler aux gens, poser des questions, aux parents queer et à des gens qui ont déjà fait une coparentalité, questionner les enjeux et leur expérience.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il y a aussi la <a href="https://docs.google.com/forms/d/1JgzjEgEs6doWaiqPUqwDtIJlMlEpUxm0I1eL6PQxvQk/viewform?fbclid=PAZXh0bgNhZW0CMTEAAaczHx2UcQZFsRA3FH3aOXAY7epk-Rqh7hkRB1pV0zuu87z9zCutRh8mq88_jw_aem_TTXCTAur9lsbvZu1HZk1RQ&amp;edit_requested=true">Copacarte</a>, pour rencontrer des parents en copa ou intéressé.es par la copa. </p>



<p class="wp-block-paragraph">Et il faut prendre le temps de se connaître : dans mon cas, je connaissais Marie avant, mais même en la connaissant, on a pris notre temps, et nous avons aussi pris le temps de nous connaître à trois. Il faut passer du temps ensemble sur le temps long, partir en week-end ou en vacances ensemble par exemple, surtout avant de se lancer, pour être sûr que c’est une bonne alliance ! Aujourd’hui aussi, on prend le temps quand on peut, quand les enfants sont couchés, ou alors une fois par an quand la mamie garde les enfants.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Quel message avez-vous envie de transmettre à la société ? Que dirais-tu à ceux et celles qui veulent s’engager pour soutenir nos familles ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Parler de la diversité des familles ! Il n’y a pas d’âge pour parler de ça. Dans les médias, dans les écoles avec les ateliers de sensibilisation du Collectif Famille.s, pour un anniversaire acheter un livre où on voit deux mamans ou deux papas, dire aux enfants que la famille ce n’est pas que un homme et une femme marié.es, c’est beaucoup plus que ça. Ces schémas existent, si les enfants grandissent avec ça c’est plus facile pour tout le monde ! Et surtout, les enfants s’en fichent, on n’a pas de problème à l’école, nous on est trois parents, il y a aussi un couple de mamans, il n’y a aucun secret, et on est là pour les sorties scolaires et la fête de fin d’année !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<p class="wp-block-paragraph"><em>Propos recueillis par Claire Grard, bénévole au Collectif Famille·s</em></p>
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		<title>Sonia, maman d&#8217;une jeune fille trans</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/sonia-cofondatrice-du-collectif-nos-enfants-trans/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 21 Apr 2025 10:03:41 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Allié.e.s]]></category>
		<category><![CDATA[Enfant.s]]></category>
		<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Allié.e]]></category>
		<category><![CDATA[Transidentité]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>interview de sonia, co-fondatrice du collectif nos enfants trans Sonia est maman de deux jumeaux de 8 ans, dont une jeune fille trans. Depuis son très jeune âge, elle exprime une identité de genre différente de celle assignée à la naissance. Face aux nombreux défis que soulève la transition de genre chez un enfant, Sonia [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">interview de sonia, co-fondatrice du collectif nos enfants trans</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Sonia est maman de deux jumeaux de 8 ans, dont une jeune fille trans. Depuis son très jeune âge, elle exprime une identité de genre différente de celle assignée à la naissance. Face aux nombreux défis que soulève la transition de genre chez un enfant, Sonia s’est engagée activement aux côtés d’autres parents en co-créant le collectif <em><a href="https://www.instagram.com/nos_enfants_trans/">Nos Enfants Trans</a></em>. Le 17 mai 2025, à l’occasion du <a href="https://www.familypridefestival.com/">4ème Family Pride Festival</a>, elle participera à une table ronde.</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Comment ça s’est passé, ce coming-out ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Alors déjà, je dirais que ce n’était pas vraiment un coming out, pas comme on peut l’imaginer. C’était plutôt un processus, un cheminement. Dès la moyenne section, on voyait qu’elle se déguisait toujours avec des vêtements dits « de fille », elle adorait ça. Chez les copains, elle adorait les robes de princesse… À l’inverse, son frère était très attiré par des personnages masculins. C’était très marqué.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis, au fur et à mesure, elle a commencé à parler d’elle au féminin, timidement. Je lui ai demandé : « Tu veux que je te présente comment ? » Elle a répondu : « Comme une fille. »&nbsp;</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce n’était pas une déclaration soudaine, mais une série de signes, de petits moments, de phrases. On avait vu le film <em>Petite fille</em>, donc on savait que c’était possible, même jeune. On s’est fait accompagner, pour comprendre ce que c’était, ce que ça impliquait, et surtout comment être là pour elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Tu as eu des soutiens ? Des personnes alliées autour de toi ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, un peu. J’ai une copine qui était en transition à l’époque, donc ça a été un premier point d’appui. Et puis on a eu d’autres discussions autour de nous, avec des gens pas forcément très engagés, mais pas fermés non plus. Ce n’était pas une communauté militante, c’était juste des personnes ouvertes, et ça nous a mis dans un autre univers.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Et les réactions dans le cercle familial, amical, à l’école ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">À l’école, le premier vrai problème, c’est quand elle a mis une jupe. Ça ne s&rsquo;est pas super bien passé. C’est là qu’on a compris qu’on allait devoir être très présents.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mais au lieu de la décourager, ça l’a renforcée. Elle a eu des moments de doute, des allers-retours : « Je suis une fille », puis « Je suis un garçon », puis « Je suis une fille ». Mais en fait, à chaque fois qu’elle revenait, c’était plus affirmé. Elle disait clairement : « Non, je veux qu’on dise <em>elle</em>, je veux qu’on dise <em>ma fille</em>. »</p>



<p class="wp-block-paragraph">La question des vêtements a cristallisé beaucoup de choses. On a eu le droit à pas mal de réflexions « bienveillantes » du type « laissez lui mettre des robes à la maison mais pas à l&rsquo;école ». Quand j&rsquo;ai appris l&rsquo;existence du contrôle social informel, j&rsquo;ai compris que le but caché était de nous faire comprendre que ça ne se faisait pas un garçon qui mette des robes, qu&rsquo;il fallait qu&rsquo;elle taise qui elle était pour la protéger. Alors qu&rsquo;en fait vraiment, c&rsquo;était parce pour les protéger eux de leur gêne. Mais nous, on a fait un autre choix.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Est-ce que ça a changé des choses dans votre équilibre familial ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Oui, forcément. Iels sont jumeaux, donc très liés. Et on a été obligés, en tant que parents, de réinterroger plein de choses : qu’est-ce qui fait lien de famille, comment on soutient chacun de manière égale, comment on ne laisse pas la transition de l’un prendre toute la place…</p>



<p class="wp-block-paragraph">On a eu une phase où à la maison on disait <em>elle</em>, et à l’école, c’était encore <em>il</em>. C’était dur pour mon fils de faire la bascule entre les deux. Quand on a fait le changement de prénom, il a même dit : « Et moi, j’ai pas le droit de changer de prénom ? » C’était dit un peu sur le ton du jeu, mais il y avait une vraie question derrière : comment on fait pour que chacun ait sa place. Mais il l’a toujours soutenue. Il disait aux autres enfants : « C’est ma sœur. » Il a vraiment été là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Qu&rsquo;est-ce qui vous a donné envie de créer le collectif ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Au début, j’ai cherché des parents qui vivaient la même chose. J’ai trouvé un groupe Facebook de soutien parental, une première association. Et petit à petit, j’ai eu envie de m’engager davantage. Ce n’est pas par militantisme pur, c’est juste que je veux que ma fille ait les mêmes droits, les mêmes chances que les autres. Quand j’ai vu passer des discours de la loi anti-enfant trans, remettant en cause les bloqueurs de puberté ou l’accompagnement, je me suis dit qu’il fallait agir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le collectif <a href="https://www.instagram.com/nos_enfants_trans/"><em>Nos Enfants Trans</em>,</a> on l’a monté parce qu’on trouvait que ce qui existait ne suffisait pas. Les associations de soutien parental de jeunes trans qui existaient déjà en France sont importantes car elles apportent une réponse à un véritable besoin d&rsquo;écoute et d&rsquo;échange pour les parents. Mais elles ne nous semblaient pas suffisamment militantes et offensives pour porter la voix des enfants et des ados comme nous avons envie de le faire.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Vous avez des ressources à conseiller ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Le documentaire d’Océan, le livre <em>Transition</em>… Il y a aussi un docu sur Netflix, « The dreamlife of Georgie Stone » qui raconte le combat d&rsquo;une jeune australienne et de sa mère pour la reconnaissance des enfants/ados trans en Australie.. Et puis il y a des choses très pédagogiques sur la construction de genre chez l’enfant. J&rsquo;ai aussi réalisé une <a href="https://bit.ly/3WMXiln">liste de ressources qui peut aider</a>.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Justement, que dirais-tu à un parent qui vit le coming out de son enfant ?</strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Souvent, on se dit : « Mon enfant va avoir une vie compliquée, il ou elle ne sera jamais accepté.e, toujours victime de transphobie, de dysphorie… » Mais ce n’est pas une fatalité. Le plus beau cadeau qu’on peut faire à son enfant, c’est de l’écouter, de l’accompagner, de se renseigner. De lire. C’est comme ça qu’on lui donne les outils pour être fier.e de ce qu’il ou elle est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui est difficile pour ma fille, ce n’est pas comment elle se définit. C’est la manière dont les autres la définissent, la ramènent à une différence. Nous, on a fait le pari de lui donner des conditions de sécurité, des armes pour être fière de ce qu’elle est.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Pendant deux ans, ça a été un gros sujet dans nos vies. Mais aujourd’hui, à 8 ans, ce n’est plus quelque chose qui prend autant de place. La transidentité que sa passion pour les pierres précieuses. Le souci, c&rsquo;est ce que la société en fait: quelque chose qui ne devrait pas exister chez une enfant aussi jeune. Et qui fait qu&rsquo;on doit batailler pour qu&rsquo;elle est la même vie que les autres</p>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis il faut y aller au rythme de l’enfant. Ne pas freiner, mais ne pas devancer non plus. Ă ces âges, la question du genre n&rsquo;est pas vraiment figée. Comme nous l&rsquo;a expliqué Morgan Noam, pendant la phase d&rsquo;exploration, entre 3 et 5 ans, les enfants surjouent le genre, iels essaient, testent, surjouent aussi parfois pour voir ce qui leur correspond. Il faut donc être patient et ne pas vouloir aller trop vite</p>
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		<title>Mona, Katrin et Isaïe</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/mona-katrin-et-isaie/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 20 Jan 2025 08:09:07 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille avec deux mamans]]></category>
		<category><![CDATA[PMA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Une histoire d’amour sans frontières Il est des amours qui ont cette odeur d’éternel. C’est cette odeur que j’ai sentie en entendant la voix de Mona au début de notre échange. « On vit notre meilleure vie. On est bien, tous les trois. » Alors, quelle fut l’aventure de Mona et Katrin pour atteindre ce [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Une histoire d’amour sans frontières</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est des amours qui ont cette odeur d’éternel. C’est cette odeur que j’ai sentie en entendant la voix de Mona au début de notre échange. « <em>On vit notre meilleure vie. On est bien, tous les trois.</em> » Alors, quelle fut l’aventure de Mona et Katrin pour atteindre ce qui ressemble bigrement au bonheur ? Car, vous allez le constater, si toutes les histoires d’amour sont des aventures, celle de Mona et Katrin est particulièrement épique ! C’est dans la chaleur de la Thaïlande que les deux jeunes femmes se rencontrent. Elles travaillent dans le même village dans lequel elles sont éducatrices d’enfants. Pour l’une d’elle, le coup de foudre est immédiat, pour l’autre il faudra encore quelques mois à arpenter ensemble d’autres pays d’Asie afin que son cœur soit sûr.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Recueillir, protéger et faire famille au Népal</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’elles vivent – initialement prévu de façon temporaire – au Népal, en 2015, une série de séismes vient ravager le pays. Alors que la raison aurait pu, légitimement, les pousser à rentrer en Europe, elles décident de rester, d’aider. Elles font alors une rencontre qui bouleversera leurs vies, celle d’une toute petite fille orpheline qui, sans elles, serait sans doute morte quelques mois plus tard. Mona et Katrin créent l’association Sambhava, et une maison d’enfant. C’est plus d’une dizaine d’enfants qu’elles vont y accueillir.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il est de ces moments où la vie prend un tournant, ce moment est donc venu pour Mona et Katrin. Bien qu’encore très jeunes, elles savent que, peu importe la tournure que prendra leur relation, elles viennent de s’engager l’une envers l’autre, et surtout envers ces enfants, sur du long terme. Le tout sans avoir besoin de se faire mille promesses, elles mesurent qu’il n’y a pas de retour possible. L’histoire ne nous dira pas si leur couple avait besoin de ce ciment pour devenir si solide, mais le fait est que devenir rapidement des figures parentales, une véritable équipe, va sceller leur destin à toutes les deux. Depuis sa création, elles passent 5 mois par an à Kathmandou, avec tous ces enfants qu’elles protègent et élèvent. On pourrait essayer ce raccourci : Mona et Katrin ont vu leur désir d’un enfant biologique poindre grâce à leur lien avec les enfants au Népal, mais non. Leur désir d’enfant a toujours été certain, tout comme l’évidence de vouloir se marier.</p>



<h2 class="wp-block-heading">« <em>Mais ! Il y a un bébé dans ton ventre !</em> »</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Alors qu’elles ont 26 ans, elles emménagent en Allemagne, le pays d’origine de Katrin, dans lequel faire un enfant lorsqu’on est un couple de femmes sera plus facile qu’en France. Quand, dans certains couples, il est évident à demi-mot du choix de la maman qui portera l’enfant, cette décision a demandé réflexion pour Katrin et Mona. Mona a besoin de temps pour clarifier la situation, jusqu’au jour où elle se souvient : quand elle a rencontré Katrin, en Thaïlande, elle le savait déjà « <em>Un jour, elle portera mon enfant.</em> » Une nouvelle occasion de déclarer son amour infini à sa compagne, cette joie de lui faire ce cadeau.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Ici, nous le savons, nos amours ont besoin de sacrés coups de pouce pour que nos familles puissent se dessiner avec des enfants. Démarre alors pour Mona et Katrin le parcours PMA. Si Berlin est un écrin accueillant quand on est deux jeunes femmes amoureuses, certaines cliniques refusent de les aider. Lorsqu’une réponse positive arrive, Mona se lance dans l’organisation. S’ensuivirent des essais infructueux, jusqu’à ce cycle, celui-ci qui ne devait initialement pas coïncider avec leur date de départ pour le Népal, ce qui décalait le 4e essai à l’année suivante… Mais, je vous laisserai libres de qualifier cela de miracle ou non, le corps de Katrin a la malice de vivre un cycle plus court de 5 jours. C’est le branle-bas de combat : elles filent à la clinique, grâce au labo, qui s’ouvre juste pour elles, et elles prennent leur avion, remplies de cet espoir que l’on connait bien, ici.</p>



<p class="wp-block-paragraph">A leur arrivée à Kathmandou, alors que le petit embryon n’a alors pas 3 jours, cette petite fille, celle-là même qui fut leur première recueillie, regarde le ventre de Katrin et dit : « <em>Mais ! Il y a un bébé dans ton ventre !</em> ».&nbsp; Des miracles, je vous dis. Les mois qui suivent ont le goût de la douceur. Elles apprennent que oui, elles attendent bien un enfant. Et elles l’apprennent dans ce pays choisi, avec ces enfants choisis autour d’elles dont elles s’occupent tous les jours. Il y a tout de même ce moment où leur enfant est en danger, où les hôpitaux ne laissent pas Mona accompagner Katrin, où il faut faire acheminer des hormones depuis Delhi… Mais tout rentre dans l’ordre, et elles rentrent passer la fin de grossesse et préparer la venue de leur bébé en Allemagne.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Une aventure dans le lait et l’organisation</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En Allemagne, Mona est gouvernante et s’occupe de 5 enfants dont un bébé 56 heures par semaine. Cette réalité la frappe : elle ne veut pas s’occuper de son propre enfant moins de temps que celui-ci. Mona et Katrin entament alors les discussions pour organiser l’arrivée de leur enfant et décident d’avoir comme horizon une répartition à 50-50. Mona qui, on l’aura compris, ne fait pas les choses à moitié, se forme en tant que <em>doula</em> pour accompagner Katrin au mieux. Toutes deux sont séduites par l’idée que Mona se lance dans la grande aventure de l’allaitement induit. La chance leur sourit : très vite après avoir commencé à se servir du tire-lait, elle a du lait.  Pour ce qui est de l’accouchement, elles se tournent vers une naissance la plus naturelle possible, sans médicalisation, dans une maison de naissance.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Entre chants et hurlements de louve</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Il est de coutume de dire qu’en matière d’accouchement, il ne faut s’attendre à rien, rien ne sert de prévoir. Ces phrases à l’emporte-pièce m’ont personnellement toujours un peu agacée car, à part prévoir, que peut-on bien faire quand on attend son premier accouchement ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mona et Katrin s’étaient préparées. Quand Mona me fait l’incroyable récit de la naissance d’Isaïe, elle décrit Katrin comme une louve, une lionne. Une louve qui a choisi de rester longtemps chez elles avant de rejoindre la maison de naissance. Long, c’est une des multiples façons de décrire le travail qu’elle a vécu. 42h. Les sages-femmes ne les lâchent pas, Mona ne lâche pas Katrin. C’est long, mais Mona décrit ces heures comme vécues dans une grande harmonie, entre chants et hurlement de louve.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Il faut courir</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et puis tout s’emballe. Le liquide amniotique souillé, la panique des sage-femmes qui quittent la salle, l’incompréhension de Mona. Une sage-femme senior qui arrive, qui prend les choses en main brusquement, on pousse leur enfant hors du ventre de Katrin. Tête qui ne passe pas, épisiotomie, 40 points de suture.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mona s’est alors sentie dépossédée de sa capacité à aider alors, quand son fils est là, elle lui parle, elle l’accueille et c’est elle la première qui voit : ça ne va pas. Il ne va pas bien. La vie ne s’installe pas dans son enfant, elle le sent, elle le sait. Mais tout le monde est alors concentré sur Katrin qui fait une violente hémorragie. Quand elle se fait enfin entendre, c’est déjà le moment de courir, littéralement, courir depuis la maison de naissance jusqu’à l’hôpital, son fils dans les bras, sa femme derrière elle.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Mona n’est pas grand-chose alors aux yeux du personnel, ce n’est pas « <em>la mère</em> », on la laisse dehors. Attente. Ce genre d’attente là où le temps s’épaissit comme de la boue. Comment s’appelle-t-il ? on lui demande. Elle ne sait pas, Katrin et elles hésitent encore. Que faire ? Courir encore. Vers Katrin cette fois, mais la retrouve inconsciente. Alors courir encore, vers Isaïe, mais la porte reste close. Elle appelle ses proches, mais aucun de leurs mots ne lui fait du bien.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Et enfin, Isaïe</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Et enfin, elle voit son enfant. Dans une boîte, accroché à des fils, des boutons, elle ne le distingue pas bien. Est-il blond ou brun ? Parfois, dans les brumes de la panique, notre cerveau nous joue des tours. Mona se dit qu’elle aimerait bien aussi un bébé tout beau, pour épargner à Katrin toute cette épreuve, qu’elle puisse voir leur enfant aussi joli que celui-ci… Elle pleure. Une sage-femme lui lance : « <em>Il n’y a pas de place ici pour pleurer dans les couloirs !</em> ». Alors, où est-ce que je peux pleurer ?</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans la chambre de soins intensifs, on lui dira qu’elle ne peut pas le toucher. Que seule la mère allaitante peut rester. Elle est une mère allaitante, alors elle commence à tirer son lait, seul geste qu’elle est autorisée et capable de faire pour prendre soin de son fils. Mais on refuse de lui donner, on ne donne pas le lait des étrangères aux bébés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Le temps passe, et enfin, elle peut le prendre contre elle. Isaïe veut vivre, intensément. Dès ce premier contact, il respire seul. Katrin les rejoint, ça commence à plus ressembler à la vie. Mona se cache pour allaiter Isaïe et, après un séjour en pédiatrie, la famille peut rentrer à la maison. Isaïe est déterminé à vivre, il tient sa tête très vite, et il devient ce petit bonhomme apaisé d’être là, dans son royaume de lait, entouré de ses deux mamans nourricières.</p>



<h2 class="wp-block-heading">Je suis sa mère</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Mona devra l’adopter en Allemagne. On la regardera sous toutes les coutures, littéralement à coups de prises de sang. On lui accorde, mais la France lui refuse, elle ne reconnait pas cette adoption. Elle reconnaît Isaïe. On lui refuse aussi. Il faut alors ressortir les crocs de louve, se tourner vers des associations, le défenseur des droits. Elle refait une adoption plénière depuis le début. Mona, depuis le personnel soignant qui refuse son lait, continue de défendre sa place : elle est la mère d’Isaïe, et enfin elle le devient aussi au nom de la loi française.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Quand je lui demande à quel moment elle s’est sentie être mère, Mona me dit « <em>Depuis toujours. Depuis qu’on l’a attendu dans nos cœurs avant qu’il vienne se loger sous celui de Katrin, je me suis sentie mère, mais là, dans la chambre de soins intensifs, là je l’ai reconnu</em> ». Pour certain-e-s, ce lien peut prendre du temps avant de se tisser. Pour Mona et Katrin, la peur de la perte à décalé toutes ces interrogations. « <em>Il fallait qu’il vive pour qu’on vive toutes.</em> »</p>



<p class="wp-block-paragraph">Aude</p>
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		<title>Loïc, Yann et Rose</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/loic-yann-et-rose/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 13 Jan 2025 14:25:53 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille avec deux papas]]></category>
		<category><![CDATA[GPA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Loïc et Yann, un couple de papas engagés partagent leur parcours de parentalité par GPA. Après des débuts compliqués avec l&#8217;adoption, ils se tournent vers la GPA au Mexique. Louise : Comment est-ce que vous vous êtes lancés dans le projet de GPA ? Yann : En 2013, le mariage nous a ouvert la possibilité [&#8230;]</p>
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										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Loïc et Yann, un couple de papas engagés partagent leur parcours de parentalité par GPA. Après des débuts compliqués avec l&rsquo;adoption, ils se tournent vers la GPA au Mexique.</h2>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise : <em>Comment est-ce que vous vous êtes lancés dans le projet de GPA ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann</strong> : En 2013, le mariage nous a ouvert la possibilité de l’adoption. C’est là qu’on a commencé à réfléchir à la parentalité… et quelques jours après, nous étions au conseil départemental pour faire les deux premières journées sur l’adoption – afin d’avoir l’agrément. Ca ne s’est pas très bien passée. Nous avons eu l’impression de gêner, de représenter une concurrence supplémentaire pour les autres parents… on s’est dit que ça ne fonctionnerait jamais. Après une mutation à Paris, on a compris qu’on pouvait être parent autrement. On a découvert la GPA. Mais à l’époque, nous n’avions pas les fonds… et Loïc n’était pas encore prêt.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Il lui a fallu deux ou trois ans de maturation pour y arriver. Financièrement, notre situation a évolué au fil du temps, et c’est devenu un projet abordable. Puis, on s’est lancés dans les recherches d’agence, avec des entretiens en visio avec des structures américaines et canadiennes. Ça nous a semblé très commercial comme approche, et ça nous a refroidi. Mais finalement, on nous a mis en lien avec une agence au Mexique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Loïc :</strong> C’était une petite agence qui avait été fondée par un couple d’hommes, qui avaient eux-mêmes fait une GPA. Il y avait une dimension familiale, et on savait qu’ils étaient passés par là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann :</strong> Le bien-être de la porteuse leur tenait à cœur. Il fallait qu’elle soit stable financièrement, qu’elle ait un soutien familial direct ou indirect… beaucoup de critères qui nous rassuraient quant à l’éthique. Alors, en plein Covid, premier voyage au Mexique ! Nous avons passé dix jours là-bas. Dès le début, nous sommes allés chez le notaire pour signer les contrats avec l’agence, avec la mère porteuse et avec la donneuse – ces rôles sont toujours différenciés. Nous avons aussi fait les dons de gamètes, et rencontré l’équipe médicale… La suite ne s’est pas bien passée. Pendant deux ans, nous avons vécu sept échecs de transferts… avec différentes donneuses et mères porteuses.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Loïc :</strong> Ça a été très long !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann :</strong> Nous avons dû faire un autre voyage pour faire de nouveaux dons. Au début, c&rsquo;était moi le donneur, et je voulais un garçon. Et au final, ça a été Loïc, et nous avons une fille (rires) ! Je suis super heureux, mais ça n’a pas été si simple. On n&rsquo;est pas préparé à ça. On est persuadé que parce que c’est clinique, parce que ça coûte cher, ça va forcément marcher. Mais non. Et finalement, c’est le dernier embryon qui nous restait, le plus vilain, qui s’est accroché ! La grossesse s’est très bien passé. Nous avons été en contact tout au long de la grossesse. Et puis elle a eu des contractions, quinze jours avant le terme. Nous avons embarqué dans l’avion au moment de la fête des morts. On a récupéré Rose et vécu un mois et demi avec elle là-bas.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Nous avons eu les papiers très facilement car nous avons décidé de garder la mère porteuse sur l’acte de naissance. Cette femme est très importante pour nous, et nous sommes toujours en contact avec elle. Cela nous a permis d’avoir rapidement le passeport français et un numéro de sécurité sociale. J’ai fait une adoption simple pour Rose. C’est normal pour nous que la mère porteuse apparaisse. Et d’ailleurs, en deux ans, nous n’avons jamais eu le moindre problème à ce niveau-là. Jamais, ni à l’hôpital, ni à la crèche, on ne nous a demandé à voir le livret de famille, ou qui était le vrai papa…</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise <em>: Du coup, vous êtes prêt pour le deuxième !</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann</strong> : C’est en cours (rires) ! Nous avons été référents GPA pour l’APGL en île de France et nous avons aidé plus d’une soixantaine de couples dans leurs parcours. Un jour, un couple nous y a fait penser… et nous avons décidé de nous relancer ! Cette fois, la banque nous a suivis, et quinze jours plus tard nous sommes partis en Colombie. Ce soir, nous avons une visio programmée, pour faire le choix de la donneuse… c’est reparti. On est fous !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise <em>: c’est tellement merveilleux, en même temps.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann :</strong> Oui… tout est futile en dehors d’elle, en fait. C’est l’éclate totale ! Elle est parfaite, merveilleuse… (rires). On ne naît pas parent, on le devient. Et au bout d’une heure, avec Rose dans les bras, on savait qu’on était faits pour ça, qu’on allait être des super papas. On doute toujours, bien sûr, mais on apprend vite. Et elle nous tire vers le haut. Toujours !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise : <em>Est-ce que vous étiez à égalité dans cette appropriation de la paternité ? Tu disais que ça avait pris plus de temps pour Loïc, en amont…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Loïc :</strong> Une fois que j’ai été prêt, nous étions à égalité, oui ! A l’époque, je me trouvais trop jeune – nous avons dix ans de différence. Mais quand on a commencé le projet vraiment, on était prêts. Nous avions les mêmes attentes et le même but.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann</strong> : Les deux ans d’échecs nous ont aidé, en fait. Nous n’avons rien dit à nos familles ni à nos amis. Personne ne savait que nous étions allés au Mexique… ils pensaient que nous avions gagné une semaine en amoureux grâce au travail de Loïc ! On les a protégés de tout cela. Nous étions seuls dans cette épreuve…. Mais ça nous a permis pendant deux ans de rêver et de mûrir l’arrivée de l’enfant. Aujourd’hui, nous ne sommes jamais en désaccord parce que nous sommes extrêmement soudés. On savait exactement ce que chacun attendait.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise <em>: Je l’ai ressenti aussi sur le parcours PMA. Même s’il est beaucoup plus facile que la GPA, j’ai eu l’impression que ça nous avait rendu vraiment prêtes, au contraire de certains couples hétérosexuels. Nous avions plus conscience de ce qui nous attendait, nous étions très préparées. Certains couples autour de nous le vivent comme un choc, surtout dans la relation amoureuse. C’est vrai que ces épreuves nous donnent de la maturité.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann</strong> : C’est sûr. Nous comme vous, on commence à réfléchir et à stresser pour la ponction, pour la FIV, pour le transfert… tout ce que les autres couples ne vivent pas, ça nous construit, ça nous rend matures. Ca ne fait pas forcément de nous de meilleurs parents ! Mais c’est un désir construit de longue date, et ça nous donne peut-être un avantage.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise <em>: Avec Aude, on l’a vécu différemment. C’est moi qui n’était pas aussi prête qu’elle, en tout cas avant que le projet ne démarre vraiment. Il y avait aussi le fait qu’elle porte l’enfant. Elle était tout de suite élevée au rôle de « LA mère » dans le regard social. Il fallait se construire avec cette différence… Je trouve touchant que vous ayez laissé la mère porteuse sur l’acte de naissance. En ce qui nous concerne, c’est un donneur non-anonyme que Manon pourra connaître à ses dix-huit ans si elle le souhaite. Mais en attendant, c’est quelqu’un avec qui nous n’avons eu aucun contact. Donc ça n’aurait pas eu de sens qu’il soit sur l’acte de naissance. Par rapport à la mère porteuse, est-ce que vous étiez directement en contact avec elle dès le début ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann</strong> : Il y avait toujours quelqu’un de l’agence, pour la traduction et puis pour s’assurer que tout allait bien. Mais comme je parle espagnol, on sollicitait très peu la traductrice. Dès le premier entretien en visio, on a vu une de ces filles. Pour nous, c’était tabou. Mais en fait, sa fille était ravie de nous rencontrer. Jessica est catholique pratiquante, ses filles vont à l’église… la vision des choses est complètement différente.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise <em>: La GPA était intégrée dans sa vie.</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann</strong> : C’est ça ! Et ça l’est toujours. Pour elle, Rose n’est pas sa fille. Pour nous, Jessica est sa mère porteuse, ou mère cigogne… mais pas sa maman. Mais par contre les quatre filles sont les sœurs de Rose ! De leur côté et du nôtre, c’est parfaitement logique. On trouve ça génial. On dit à chaque fois qu’il y a notre famille, ici. Leur famille, là-bas. Et puis la famille qu’on a créée ensemble. Qui est atypique… une famille de cœur. On se suit sur Instagram, on a un groupe Whatsapp… on fait des visios de temps en temps. Le lien est là.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise : <em>Comment est-ce que vous avez fait pour annoncer à vos familles que vous attendiez un enfant ?</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann :</strong> On leur a annoncé au bout de quatre mois ! Ils ont été surpris. Ils étaient à mille lieues de savoir qu’on avait fait ça. Et ils ne savent pas encore tout… mais on en parle dans le livre. On a commencé à écrire pour nous, pour Rose, et puis on s’est rendu compte que ça ferait du bien à la famille de Loïc et à nos amis de savoir ce qu’on avait vécu. On voulait aussi expliquer notre choix. Et puis à force de parler de notre parcours à des couples, on s’est dit que ce serait intéressant de partager plus largement notre parcours.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Dans le livre, il y a un chapitre qui s’appelle deuil. Il s’agit du mien, car on m’a toujours dit que je devais transmettre la lignée, avoir un garçon. C’est pour ça que je devais être donneur en premier. J’ai pris une claque monumentale, mais c’était une claque culturelle. On m’avait martelé que j’étais un homme et que je devais faire un homme. Maintenant, ça me fait rire. Regarde Rose, personne ne peut me dire que c’est pas ma fille. En plus, elle porte nos deux noms. C’est elle, la première de la lignée ! On a aucun souci à parler de la GPA. La question qu’on nous pose beaucoup maintenant, c’est pourquoi la Colombie et pas le Mexique.</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise <em>: Nous ce qu’on nous a énormément demandé c’est si on pouvait choisir le sexe. Mais vous, vous n’avez pas eu de question en cours de route…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph">Yann : C’est quelque chose qu’on nous a proposé. Quand ils analysent l’embryon, ils voient la qualité mais aussi le sexe probable. Ils peuvent faire le transfert en fonction des préférences. Mais nous, on a toujours dit qu’on s’en fichait. Ce qu’on voulait, c’était un enfant ! On avait peur d’avoir une fille parce qu’on est des garçons. Mais en fait, c’est tellement exceptionnel !</p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Louise <em>: J’avais envie d’avoir un garçon aussi, et c’était un deuil. Mais une fois que l’enfant est là…</em></strong></p>



<p class="wp-block-paragraph"><strong>Yann :</strong> …tout s’efface ! Dès qu’on l’a eu dans nos bras… le reste a disparu. C’était là, c’était parti. Quand on est arrivés au Mexique, on nous a dit que l’accouchement n’était pas pour tout de suite, finalement. Mais rapidement la clinique nous a appelé pour nous dire qu’elle allait accoucher maintenant ! On est vite arrivés à la clinique et on a trouvé une femme très zen, qui attendait pendant que tout le monde s’affolait. Elle disait qu’elle ne bougerait pas tant qu&rsquo;on n&rsquo;était pas là. Et on a passé deux heures ensemble, à discuter. Elle a accouché dans la nuit du 4 au 5, c’était un samedi. On s’est dit qu’on la récupérerait en début de semaine… et puis le dimanche, on leur a téléphoné, et l’agence nous a dit qu’on la récupérait le soir même ! Le soir même, on s’est retrouvé à l’hôtel avec elle, posé entre nous deux. A ce moment-là, tout ce qu’on a vécu s’efface. On a 0 contrôle sur ce qu’il se passe. Et maintenant… ça regarde Peppa Pig (rires) !</p>



<p class="wp-block-paragraph">Yann et Loïc m’ont ensuite présenté Rose, et après quelques grimaces, nous nous sommes laissés.</p>



<p class="wp-block-paragraph">Si leur histoire vous a plu et que vous voulez en savoir plus, le livre « <em>Je t’aime papas !</em> » est disponible depuis le 5 novembre 2024… pour l’anniversaire de Rose ! Plus d’infos sur le <a href="https://www.jetaimepapas.fr">site de Yann et Loïc</a>.</p>
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		<title>Julien, Guillaume et nathan</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/julien-guillaume-et-nathan/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Wed, 17 Apr 2024 09:45:04 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille avec deux papas]]></category>
		<category><![CDATA[GPA]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pouvez-vous vous présenter et présenter la configuration de votre foyer, votre parcours pour fonder cette famille ? Nous sommes Julien et Guillaume, deux papas gays d&#8217;un petit Nathan, 2 ans, né d&#8217;une Gpa au Canada en 2021. Nous sommes les créateurs du compte Instagram @dads.issues, qui tend à visibiliser les familles gays et à célébrer [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Pouvez-vous vous présenter et présenter la configuration de votre foyer, votre parcours pour fonder cette famille ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes Julien et Guillaume, deux papas gays d&rsquo;un petit Nathan, 2 ans, né d&rsquo;une Gpa au Canada en 2021. Nous sommes les créateurs du compte Instagram @dads.issues, qui tend à visibiliser les familles gays et à célébrer notre quotidien absolument&#8230;banal en tant que parents !</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel a été le plus gros obstacle que vous ayez rencontré pour en arriver là ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Le covid a été un obstacle pendant notre parcours et a évidemment rajouté du stress et des incertitudes dans une aventure qui n&rsquo;en est déjà pas dénuée ! Depuis la naissance de Nathan, les difficultés rencontrées peuvent être liées aux lenteurs administratives de l&rsquo;état français (pour nous reconnaître comme pères, pour obtenir des papiers français), ou tout simplement à des choses plus classiques du quotidien comme le manque de sommeil, la difficulté à trouver de la place pour le couple, la gestion des émotions, etc&#8230;</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel conseil donneriez-vous pour rassurer des futurs parents LGBTQIA+ ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Vous êtes loin d&rsquo;être seul.e, votre envie d&rsquo;enfant est légitime, vous avez toute votre place en tant que parent dans la société.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi souhaitez-vous témoigner et vous engager au Collectif Famille.s ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Parce que nous pensons qu&rsquo;améliorer notre visibilité au quotidien contribue à nous donner les mêmes droits que toutes les autres familles entrant davantage dans un modèle « classique » hétéronormée.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel message avez-vous envie de transmettre à la société ? Que diriez-vous à ceux et celles qui veulent s’engager pour soutenir nos familles ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nous sommes là, nous existons, nous ne partirons pas, nous sommes légitimes. L&rsquo;amour est le seul ingrédient pour faire famille et nous en avons à revendre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel est votre rêve pour demain ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Une Gpa éthique et altruiste accessible en France</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Qui sont vos allié.e.s dans votre quotidien ou celui de votre famille ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Nos familles, nos amis.e.s, ou n&rsquo;importe quelle personne rencontrée qui nous traiterait « normalement » : ex : un commerçant, un hôte de Airbnb, etc </p>
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		<title>Marie et Karen</title>
		<link>https://collectiffamilles.com/marie-et-karen/</link>
		
		<dc:creator><![CDATA[Collectif Famille·s]]></dc:creator>
		<pubDate>Mon, 11 Mar 2024 09:26:27 +0000</pubDate>
				<category><![CDATA[Famille.s]]></category>
		<category><![CDATA[Témoignages]]></category>
		<category><![CDATA[Famille avec deux mamans]]></category>
		<category><![CDATA[Famille recomposée]]></category>
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					<description><![CDATA[<p>Pouvez-vous vous présenter et présenter la configuration de votre foyer, votre parcours pour fonder cette famille ? Je suis en couple avec ma compagne Karen. J&#8217;ai trois « enfants » de 15, 14 et 8 ans en garde alternée et je vis actuellement entre Lyon et Paris. En 2017, à 36 ans, alors que j&#8217;étais mariée avec [&#8230;]</p>
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]]></description>
										<content:encoded><![CDATA[
<h2 class="wp-block-heading">Pouvez-vous vous présenter et présenter la configuration de votre foyer, votre parcours pour fonder cette famille ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Je suis en couple avec ma compagne Karen. J&rsquo;ai trois « enfants » de 15, 14 et 8 ans en garde alternée et je vis actuellement entre Lyon et Paris. En 2017, à 36 ans, alors que j&rsquo;étais mariée avec un homme depuis 16 ans, et mère de trois enfants, j&rsquo;ai rencontré une femme. Cela a été un tsunami.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel a été le plus gros obstacle que vous ayez rencontré pour en arriver là ? </h2>



<p class="wp-block-paragraph">Cette rencontre a été un tsunami dans ma vie personnelle, familiale et professionnelle. J&rsquo;étais très seule dans ce passage. Cette solitude et ce manque de référence a été lourde à porter. Je vivais la douleur de cette rupture de vie et en même temps le bonheur de m&rsquo;être trouvée. J&rsquo;ai découvert la violence de certains comportements, de certaines paroles. J&rsquo;ai aussi découvert les enjeux que l&rsquo;on rencontre au quotidien en tant que familles LGBT+ : à l&rsquo;école pour les enfants, au travail en tant que dirigeante&#8230; C&rsquo;est en 2020 que j&rsquo;ai eu cette intuition forte : créer un collectif pour nous soutenir, pour sensibiliser notre entourage et nos accompagnants et pour nous visibiliser.. J&rsquo;ai alors pris contact avec Marie-Clémence, Constance, Stéphanie, Léa, Emil et tant d&rsquo;autres pour lancer ce qui allait devenir ce collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel conseil donneriez-vous pour rassurer des futurs parents LGBTQIA+ ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">Ce qui a été le plus dur pour moi c&rsquo;était ma peur de faire du mal à mes enfants et à mon mari. J&rsquo;étais pétrie de peur et aussi de colère de découvrir cela si tardivement. Je faisais aussi face aux peurs des autres, aux injonction, aux questions. Ainsi, j&rsquo;aurais envie de m&rsquo;adresser plus spécifiquement aux femmes qui sont dans ce moment charnière, mariée, avec des enfants et en pleine rencontre amoureuse qui chamboule et questionne. Ne restez pas seule, connectez vous pour vivre ce moment connectée à d&rsquo;autres personnes. En ce sens nous avons un groupe au sein du Collectif ou rejoignez @Lesbiennestardives sur Instagram.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Pourquoi souhaitez-vous témoigner et vous engager au Collectif Famille.s ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">C&rsquo;est en 2020 que j&rsquo;ai eu cette intuition forte : créer un collectif pour nous soutenir, pour sensibiliser notre entourage et nos accompagnants et pour nous visibiliser.. J&rsquo;ai alors pris contact avec Marie-Clémence, Constance, Stéphanie, Léa, Emil et tant d&rsquo;autres pour lancer ce qui allait devenir ce collectif.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>



<h2 class="wp-block-heading">Quel est votre rêve pour demain ?</h2>



<p class="wp-block-paragraph">En 2024, j&rsquo;aimerais que nos enfants n&rsquo;aient plus peur du regard stigmatisant dans la rue ou à la plage&#8230; j&rsquo;aimerais que nos accompagnants soient formés pour mieux nous accompagner, j&rsquo;aimerais que « La » famille deviennent « Les » famille.s pour le plus grand nombre.</p>



<p class="wp-block-paragraph"></p>
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